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La lettre de septembre : sous le pavé, la feuille

"Le travail de faire et refaire une phrase ... doit conduire l’esprit à des états plus précieux que tout ce que l’on peut obtenir en fait de résultat particulier sur le papier"
 Paul Valéry, Ego Scriptor

"Le pré est vénéneux mais joli en automne…" 
 Apollinaire, Les Colchiques

"Saison des brumes et de la moelleuse abondance" versifiait Keats le romantique. On ne pourrait mieux dire, même si le brouillard numérique de cette année rend la surabondance rugueuse. Et, à travers la jungle de pages et d'avis, des doutes, des craintes, des interrogations : Une machine éprouverait-elle de la joie à pondre une phrase, un robot à scander des vers ; un algorithme ressentirait-il l’angoisse de la page blanche, la pression des délais ? Des questions qui se posent – ou pas – en cet automne littéraire, prélude à l’avalanche des feuilles mortes. Et quid du métier à la fois coupable et innocent, lucide et insouciant de lectrice ou lecteur ? Qui ne juge que par son plaisir ?

Le polar ethno-social du mois : Lakota

On les appelait Sioux, eux se nomment Lakota. Une sœur et un frère d'origine autochtone redécouvrent leurs racines, et l'histoire de leur peuple, en tentant d'élucider la mort de leur père, minimisée par la police. 

Durée : 11h. 20min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 82235
Résumé : Le cadavre de Jake Crow Dog est repêché dans le Mississippi. La police de Minneapolis, qui ne fait pas grand cas de la mort d’un Indien, classe le dossier. Mais pour ses enfants, Winona et Duane, il ne fait aucun doute qu’il n’est pas tombé à l’eau tout seul. En remontant la piste de leur père jusque dans les réserves lakota, où ils n'ont jamais mis les pieds, c’est leur histoire et celle des Indiens des plaines qu’ils vont découvrir. Et leur enquête va prendre des proportions insoupçonnées. S’ils savent que l’Histoire se répète, cette fois-ci Winona et Duane vont tout faire pour la changer. Quitte à demander de l’aide à un allié de choix : Wakan Tanka…


L'historique du mois : Ligne de feu

Ceux qui connaissent la guerre civile espagnole savent que la bataille de la vallée de l'Èbre fut un événement capital. Ce roman nous plonge dans les combats et, à travers des personnages inoubliables, dans le vécu des belligérants, comme si nous y étions.

Lu par : Xavier Clément
Durée : 20h. 29min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 82239
Résumé : 24 juillet 1938. Une nuit sans lune. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud, autour du village viticole de Castellets del Segre. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole - la bataille de l'Èbre - va commencer. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route et chaque ferme dans des combats féroces et sanglants, où l'on joue sa vie à tout moment. D'un côté, les brigades internationales, le bataillon Ostrovski et les jeunes appelés de l'année vingt, les Biberons ; de l'autre, les légionnaires, les traditionalistes catholiques du Tercio de Montserrat et les soldats musulmans du quatorzième tabor. Ligne de feu met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l'histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables.


La saga nordique du mois : La saison des mûres

De retour au village de son enfance, où son entreprise forestière l'a envoyée pour désamorcer un conflit entre bûcherons et Sami, Eva renoue accidentellement avec son histoire familiale. Premier volume d'une saga dont la suite paraîtra bientôt.

Durée : 12h. 11min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 82252
Résumé : 1938, nord de la Suède. Siv, dix-sept ans, est envoyée comme cuisinière dans une cabane de bûcherons isolée. Seule femme parmi dix hommes, elle découvre une vie rude, mais aussi la liberté et l’amour, auprès de Nila, un jeune homme Same. De leur histoire interdite, il ne restera qu’un secret, qui ne sera révélé que bien des années plus tard. 2022. Eva, employée d’une entreprise forestière, revient dans le village de son enfance pour apaiser les tensions autour d’un projet d’exploitation. En fouillant le passé de sa famille, elle découvre l’héritage caché de Siv et la vérité enfouie au cœur des forêts du Norrland.


Le "feel-good" du mois : Les miroirs sourient à ceux qui s'aiment

Le bienheureux Gaspard voit le beau partout. Son regard de photographe bienveillant permettra à Adèle de se réconcilier avec son corps? A lire en sirotant un thé au citron, non sucré, pour l'équilibre.

Lu par : Myriam Romano
Durée : 6h. 19min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 82256
Résumé : Le nouveau roman de Raphaëlle Giordano. Dans un monde où tout est apparence et image, Gaspard Palomino, lui, porte un regard singulier sur le corps. Il voit le Beau dans tout ce qui nous chagrine. Photographe, il reçoit une offre susceptible de changer sa vie : exposer dans une prestigieuse galerie new-yorkaise une série de photos inédites. Les délais sont serrés, la pression est de taille. En quête d'une inspiration forte, il trouve une muse inattendue en la personne d'Adèle, une institutrice divorcée au tempérament drôle et touchant, mais profondément complexée par le reflet de son corps dans le miroir. A travers les yeux de Gaspard, Adèle va-t-elle réussir à s'accepter et à rayonner enfin pour elle-même ? Un roman lumineux sur la force de l'authenticité et la magie de l'art lorsqu'il nous aide à nous réconcilier avec notre propre éclat. Une fois de plus, Raphaëlle Giordano excelle à révéler la beauté du réel, celle qui échappe aux standards et raconte ce que nous avons de plus vrai.


Le témoignage poignant du mois : Joseph dans la nuit

Voyageur amateur de poésie, Olivier traverse l'Iran. Il y est arrêté sans ménagement et emprisonné. Dans sa geôle, il survit grâce à la littérature, aux paroles des chansons, à tout ce qui enrichit l'esprit et rend, malgré tout, libre.

Durée : 3h. 43min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 82247
Résumé : Olivier Grondeau n’est pas un touriste ordinaire, mais un voyageur épris de liberté qui, depuis des années, traverse le monde en autostop, avec peu de moyens et sans téléphone. Son art : tendre le pouce en souriant. En route vers Lahore, il projette de fêter la fin d’année sur une plage indienne. Mais à Chiraz, tout bascule : arrêté dans une auberge par la police iranienne, il est accusé d’espionnage dans un contexte de tensions liées au mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Transféré en prison, vêtu d’un uniforme à rayures, il est enfermé dans une cellule exiguë. Ni sa famille ni l’ambassade ne sont informées. Il apprend ses premiers mots en persan : Fekr nakon. « Ne réfléchis pas. » Face à l’enfermement, il mobilise ses ressources intérieures : poésie persane, chansons populaires, souvenirs de films, fragments de littérature. Il invente des rituels pour tenir, écrire, rêver, rester vivant. Bien plus qu’un témoignage, ce texte est une œuvre littéraire. Par la précision de sa langue, la musicalité de son écriture et la force de ses images, Olivier Grondeau transforme l’expérience carcérale en réflexion sensible sur la liberté, la peur, l’identité et la puissance de l’imaginaire. Il donne aussi chair à ses codétenus et offre une plongée rare au cœur des prisons iraniennes.


Polars primés, en Suisse et ailleurs

Le Prix du polar romand, édition 2026, annoncé vendredi dernier, revient au romancier, éditeur et musicien genevois Michaël Perruchoud. Le Grand Prix de littérature policière couronne cette année l'autrice québécoise Andrée A. Michaud pour sa maîtrise de l'intrigue et du langage.

Durée : 4h. 38min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80082
Résumé : Jocelyn Mervelet est un flic par défaut, qui s’occupe desstatistiques judiciaires en traînant sur Internet. Le bleu ne se passionne pas pour son travail et se contente de paperasse. Mais plongé devant une série d’assassinats que rien ne relie, sinon qu’ils se produisent le week-end, le voilà persuadé d’être face à un tueur en série. Reste à le prouver.
Lu par : Marianne Pernet
Durée : 7h. 51min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80086
Résumé : Max, Laurence sa femme et leur fille Charlie viennent d'arriver au camping de Lac aux Oies pour passer de merveilleuses vacances. Mais à peine Charlie est-elle dans l'eau que le responsable du camp lui intime do sortir et de s'habiller décemment. Un autre incident, encore plus traumatisant, va se produire, conduisant Max à quitter les lieux. En pleine nuit, sous l'orage, à bord d'un camping car dont il ne maîtrise pas bien la conduite. Il va prendre la mauvaise direction. Pour le pire... Un thriller implacable dans lequel Andrée Michaud explore la destruction d'une famille.


Thème : automnes

L'amorce du déclin peut néanmoins s'enrichir de surprenantes renaissances. Et les arbres, qui généreusement nous offrent tapis friables et juteuses délices, deviennent le décor des drames et des retrouvailles. Tout peut arriver en automne, toute surprise est possible - il suffit de tendre l'oreille, de tourner la page.

Lu par : Marie Meylan
Durée : 2h. 5min.
Genre littéraire : Roman terroir
Numéro du livre : 68823
Résumé : La payîsanna (Die Pürin) est un petit roman cyclique composé d’un prologue et de cinq parties, de l’automne à l’automne. La narratrice, qui ne sait trop que faire de sa vie après une séparation douloureuse, décide de retourner aux sources en travaillant dans une ferme des Grisons. Elle vit dans la villa en ruine de ses grands-parents, hantée par le fantôme de sa grand-mère récemment décédée et avec qui elle converse souvent. Son ex-compagnon a pris le large, mais il revient aussi dans les souvenirs de la jeune femme qui s’adresse à lui comme s’il était présent. Plusieurs voix s’entrelacent de sorte à dérouter le lecteur qui ne sait plus s’il est parmi les vivants ou les morts. Le personnage de la paysanne, entre silences qui en disent long et vérités laconiques, se situe, selon l’autrice, entre le monde des animaux et celui des hommes. Entre le monde de la parole et celui du silence. Entre le monde des vivants et celui des morts.
Durée : 17h. 3min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 36404
Résumé : Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d’un gris acier, recouvre les champs nus d’un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c’est la chasse au cerf qui annonce l’entrée dans l’automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d’honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l’animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s’effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans. Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L’auteur continue d’y explorer le poids du passé, de l’héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d’observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.
Durée : 8h. 54min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 3555
Résumé : De Gabriel Garcia Marquez, écrivain sud-américain, Prix Nobel de littérature en 1982, on connaît surtout "Cent ans de solitude" et "Chronique d'une mort annoncée". Il faut se lancer dans la lecture de "L'Automne du patriarche" pour savourer l'écriture flamboyante et caustique de ce romancier hors du commun. "L'Automne du patriarche" raconte la vie d'un dictateur sans âge - il aurait entre 107 et 232 ans, personne ne sait plus très bien - qui règne de façon tyrannique sur un pays tropical sous-développé. Grotesque, pitoyable, sale et grossier, notre roi vit dans un palais délabré, fréquenté seulement par des poules et des vaches. Il y a bien longtemps que les hommes ne s'y risquent plus ; la cruauté du patriarche ayant réussi à faire fuir les courtisans les plus assidus. Mais voilà que ce dictateur fantoche tombe éperdument amoureux de la reine de beauté des pauvres, la sublime Manuelle Sanchez...
Lu par : Françoise Aubry
Durée : 9h. 27min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 65002
Résumé : Espagne, automne 1936. Sous le commandement de Franco, l’armée s’est soulevée pour renverser la République. Les services secrets franquistes chargent Lorenzo Falcó, ex-trafiquant d’armes et espion dénué de scrupules, d’une mission impossible: pénétrer en zone rouge et organiser, avec l’aide d’un groupe de miliciens, l’évasion du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, détenu par les républicains dans la prison d’Alicante. Un homme et deux femmes – Ginés Montero, sa sœur Cari et l’énigmatique Eva Rengel – seront ses compagnons, et peut-être ses victimes. Mêlant réalité et fiction avec une maîtrise du récit et un art du suspense rarement égalés, Arturo Pérez-Reverte invente avec Falcó un nouveau et fascinant personnage, véritable archétype des grandes fictions littéraires et cinématographiques. Fanatisme et naïveté, trahisons et interrogatoires musclés, scènes d'action et dialogues se succèdent à un rythme trépidant et entraînent le lecteur jusqu’au rebondissement final qui annonce le deuxième volume de cette exceptionnelle série d’aventures et d’espionnage.
Lu par : Nelly Reymond
Durée : 3h. 32min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 16441
Résumé : Un vieux bibliothécaire ambulant s'apprête à partir pour sa tournée dans les villages de la Rive Nord du Saint-Laurent, quand il rencontre une troupe de musiciens. Et, parmi eux, la belle Marie qui le trouble et en laquelle il voit une jumelle spirituelle. Le bus des saltimbanques et le camion bourré de livres vont prendre la même route vers le Nord, ce qui donnera l'occasion au Chauffeur de mieux connaître Marie...


Thème : un métier délicat et dangereux

Vocation ingrate, mystérieuse, exaltante. Créer des mondes par la parole, quel pouvoir! Mais parfois  - souvent - aussi, quelle douce, amère, souffrance! D'où vient cet attrait, cette pulsion de noircir des feuilles (réelles ou virtuelles), de les déchirer, de les montrer aux regards impitoyables? Car même quand le texte est un cri du cœur, il y a le risque que l’ignorance, la malveillance, la paresse ou l’oubli ne rendent l’écrit vain.

Lu par : Simon Corthay
Durée : 5h. 17min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 16973
Résumé : Journal, essai autobiographique, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Haruki Murakami se dévoile et nous livre une méditation lumineuse sur ce bipède en quête de vérité qu'est l'homme... Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied. Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier...
Durée : 2h. 12min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14998
Résumé : Paludes, ou la semaine au jour le jour d'un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d'André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel est au juste ce Tityre, qui se nourrit de vers de vase, faute de pêches plus consistantes? Richard, peut-être, l'orphelin besogneux par nécessité et pauvre par vertu, dévoué jusqu'à épouser une femme par dignité, sans amour N. Ou bien Hubert, le rationnel, dont la spécialité est de chasser la panthère à l'escarpolette. Ou, plus simplement, le narrateur cet amoureux - fou du changement qui, le cœur en fête, part en voyage avec Angèle mais ne va pas plus loin que Montmorency. Puisque, quelle que soit la direction choisie, l'individu revient toujours sur soi-même. H Recommencer ma vie? s'interrogeait Gide dans son journal. Je tâcherais tout de même d'y mettre un peu plus d'aventure. Sous le couvert d'un dilettantisme savant, d'une fantaisie contrôlée avec art, voici le journal d'un homme qui dirigeait ses journées avec un enchantement mesuré et le sens aigu de la cadence. Faussement négligent, le ton ne manque en effet ni d'harmonie ni d'humour. Au besoin, l'auteur se livre à une satire décapante des gens de lettres, du philosophe au bel esprit.
Lu par : Bernard Goyez
Durée : 11h. 17min.
Genre littéraire : Biographie/témoignage
Numéro du livre : 22800
Résumé : Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945. L'étudiant du lycée Henri lV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peut exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire renvoie à la mort. Pour s'arracher à ce cercle vicieux, il sera aidé par une femme, bien sûr, et peut-être par un objet très prosaïque : le parapluie de Bakounine, conservé à Locarno. Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant. Semprun aurait pu se contenter d'écrire des souvenirs, ou un document. Mais il a composé une oeuvre d'art, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la petite ville de Goethe, n'est qu'à quelques pas de Buchenwald.
Lu par : Martine Moinat
Durée : 12h. 33min.
Genre littéraire : Biographie/témoignage
Numéro du livre : 39485
Résumé : «Ma mère m’a légué un mot de son dialecte qu’elle employait pour décrire son état d’esprit lorsqu’elle éprouvait des impressions contradictoires qui la tiraillaient et la déchiraient. Elle se disait en proie à la frantumaglia.» C’est autour de ce mot, du sentiment d’instabilité qu’il évoque, que ce recueil de textes d’Elena Ferrante s’articule. Lettres échangées avec son éditeur, entretiens, correspondances sont les pièces hétérogènes d’une mosaïque qui éclaire la démarche de l’écrivain et invite le lecteur à entrer dans son atelier. En revenant sur ses romans – de L’amour harcelant à la saga L’amie prodigieuse –, Elena Ferrante prolonge sa recherche autour des thématiques essentielles de son œuvre : le rôle de l’écriture comme tentative de recomposition d’une intériorité morcelée, l’univers féminin, la complexité de la relation mère-fille, Naples. À travers la multiplicité des écrits rassemblés, Frantumaglia offre un parcours original dans l’univers littéraire d’Elena Ferrante, ainsi que l’autoportrait inédit d’un écrivain à l’œuvre.
Lu par : Suzanne Brunner
Durée : 12h. 52min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 6000
Résumé : Misery, c'est le nom de l'héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez : il a fait mourir Misery pour écrire enfin le "vrai" roman dont il rêvait. Et puis il a suffi de quelques verres de trop et d'une route enneigée, dans un coin perdu... Lorsqu' il reprend conscience, il est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l'accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d'avoir tué Misery. Et le supplice va commencer.
Lu par : Jean Frey
Durée : 5h. 17min.
Genre littéraire : Essai/chronique/langage
Numéro du livre : 13723
Résumé : Le Rideau , c'est ce "tissu de légendes" que Don Quichotte (mû par la plume inspirée de Cervantès) déchire afin que puissent s'engouffrer dans la béance les grands bretteurs du roman moderne. "Appliquée à l'art, relève Kundera, la notion d'histoire (...) ressemble à un voyage entrepris pour explorer des terres inconnues et les inscrire sur une carte. L'ambition du romancier est non pas de faire mieux que ses prédécesseurs, mais de voir ce qu'ils n'ont pas vu, de dire ce qu'ils n'ont pas dit. "Pour l'auteur, ce qui importe alors, c'est moins l'origine de "l'explorateur" que la qualité de son regard lorsqu'il le porte sur ces nouveaux paysages. D'où sa dénonciation d'une vision "provincialiste" de la littérature, qu'explique notamment la possessivité des nations à l'égard de leurs artistes. Kundera en sait quelque chose, lui qui fut parfois classé parmi les auteurs slaves. "Ce déplacement dans un contexte qui n'était pas le mien, je le vivais comme une déportation", souligne-t-il.
Durée : 7h. 30min.
Genre littéraire : Humour-satire
Numéro du livre : 33946
Résumé : Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme... et qui devint écrivain. Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu'il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain - et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries... Le livre sous le bras, il s'en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l'oeuvre de cet écrivain si singulier - certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l'ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes..
Lu par : Francine Crettaz
Durée : 21h. 5min.
Genre littéraire : Essai/chronique/langage
Numéro du livre : 70103
Résumé : Les Journaux de Kafka : voici, enfin, la première traduction intégrale en français des 12 cahiers, écrits de 1910 à 1922, que cette édition reproduit à l'identique, sans coupes et sans censure, en rétablissant l'ordre chronologique original. La traduction de Robert Kahn se tient au plus près de l'écriture de Kafka, de sa rythmique, de sa précision et sécheresse, laissant "résonner dans la langue d'arrivée l'écho de l'original". Elle s'inscrit à la suite de ses autres retraductions de Kafka publiées aux éditions Nous, A Milena (2015) et Derniers cahiers (2017). Les Journaux de Kafka, toujours surprenants, sont le lieu d'une écriture lucide et inquiète où se mêlent intime et dehors, humour et noirceur, visions du jour et scènes de rêves, où se succèdent notes autobiographiques, récits de voyages et de rencontres, énoncés lapidaires, ainsi qu'esquisses et fragments narratifs plus longs. Dans ce battement entre vie écrite par éclats et soudaines amorces fictionnelles, les Journaux se révèlent être le coeur de l'oeuvre de Kafka : le lieu où les frontières entre la vie et l'oeuvre s'évanouissent. Il est plus clair que n'importe quoi d'autre que, attaqué sur la droite et sur la gauche par de très puissants ennemis, je ne puisse m'échapper ni à droite ni à gauche, seulement en avant animal affamé le chemin mène à une nourriture mangeable, à de l'air respirable, à une vie libre, même si c'est derrière la vie.


Ephéméride : Jacques Réda (1929 - 2024)

Le 24 janvier 1929 naît, Lunéville, le poète, critique musical et journaliste Jacques Réda. Spécialiste du jazz, il reçut de nombreuses distinctions pour son œuvre dont  le grand prix de poésie de l'Académie française en 1997 et  le prix Goncourt de la poésie, en 1999. Réda est décédé le 30 septembre 2024, à 95 ans.

Durée : 7h. 31min.
Genre littéraire : Roman terroir
Numéro du livre : 19828
Résumé : L'herbe nous ressemble : elle pousse partout. Entre les pavés des capitales aussi bien que le long des talus. Et notre mémoire aussi est comme une grande prairie, où l'herbe se relève sur nos sentiers. Ainsi l'herbe nous ressemble parce qu'elle se renouvelle, tout en restant l'herbe de toujours. Elle a l'opiniâtreté de l'espérance et la profondeur de l'oubli. Le vent l'aime, il la fait courir, comme courent les mots dans nos têtes puis sur une page, quand on se laisse emporter au souffle variable des jours. Ce livre est une promenade dans l'herbe, où brillent des yeux et des souvenirs. À travers les Highlands ou en Grèce, à Rome ou à Budapest, sur la Loire ou devant le caveau de famille, à pied ou en chemin de fer, c'est un peu l'herbe elle-même qui se promène dans le livre à son tour. Elle révèle à la fin son goût de temps et d'espace au poète qui, tant par dévotion que par conscience professionnelle, n'a pas hésité à brouter.
Lu par : Annie Belet
Durée : 3h. 52min.
Genre littéraire : Arts
Numéro du livre : 73344
Résumé : Le Chant du possible regroupe huit textes sur le jazz à travers lesquels Jacques Réda continue d'explorer, en le précisant, le rapport qu'il entretient au jazz depuis sa jeunesse : elle en fut éclairée. Le jazz est immédiateté. Si bien que concevoir l'intensité de sa déflagration dans sa spontanéité, dansante la plupart du temps, c'est accéder à la révélation du Temps à un moment donné. Et ce n'est pas rien quand on se sait mortel. Si le jazz est l'aventure d'une "aptitude rythmique, associée à des dons d'expression harmonico-mélodiques et d'expressivité sonore" , bref, l'aventure d'une personnalité qu'elle soit individuelle ou collective, il ne se conçoit pas sans le Swing. Ce swing est la "qualité particulière qui se dégage et ne peut se dégager que d'un rythme à deux ou quatre temps où l'accent se porte sur le temps faible" , dont le jazz est inséparable. Il ne l'est pas non plus du Blues dont souvent il découle, empreint alors de tristesse ou de joie, c'est selon, mais jamais "sans sa charge affective et ontologique d'humanité" . C'est dire qu'on s'y retrouve quand on s'est ou qu'on se sait perdu. Dans Le Chant du possible, Jacques Réda écrit : "Je me suis constitué, après plus de trois quarts de siècle, un petit trésor de méconnus et d'oubliés où je puise et que j'augmente avec le même intact ravissement". A côté des grands noms du jazz, c'est ce petit trésor que nous proposons à nos lecteurs de découvrir avec le même ravissement. Les huit textes portent les titres suivants : 1. Au moment donné, 2. Le Chant du possible, 3. Jabbo Smith, 4. Ecrire le jazz, 5. Lester Young ou L'Ironie du saut, 6. Round about Monk, 7. Une actualité permanente, 8. Now's The Time ou Le Temps selon Charlie Parker.


Company, avec Ecoute Voir aux Forces motrices

Un spectacle, un opéra, une comédie musicale audiodécrits? L'association Ecoute Voir offre cette prestation qui enrichit l'expérience des auditrices et auditeurs non-voyants. Le dimanche 11 octobre, au Bâtiment des Forces motrices de Genève, le Grand Théâtre propose Company, comédie musicale, avec service d'audiodescription. Pour vous y préparer, vous pouvez déjà écouter le livret, ci-dessous (en français, avec paroles des chansons en anglais) : 

Retrouvez davantage d'infos sur le site web d'Ecoute Voir du en suivant ce lien.

Lu par : Collectif Voxia
Durée : 2h. 10min.
Genre littéraire : Théâtre
Numéro du livre : 82248
Résumé : Cinq couples mariés organisent une fête surprise pour leur ami commun Robert (dit Bobby), célibataire charmant et volage, à l'occasion de son trente-cinquième anniversaire. Au fil de la soirée, l'indécision de Bobby quant à son célibat et son désir hésitant de fonder une famille refont progressivement surface.


Toast

Chères auditrices et lectrices, chers auditeurs et lecteurs. En ce mois de vendanges, le grain gorgé de sucre (la sécheresse estivale a des vertus) promet des vins heureux. Et des textes savoureux. Avec confiance dégustons les mots (nul flacon frelaté n'empêchera l'ivresse) - l'ingénuité voulue est parfois l'une des formes subtiles de la clairvoyance.
Bel automne en santé! Le salutaire bruissement des feuilles nettoie l'oreille des murmures poisseux.