- Le polar du mois : Charlotte chérie
- L'historique du mois : Le barman du Ritz
- La prise de conscience du mois : Cabane
- La jeune prodige du mois : Ecoutez-moi jusqu’à la fin
- Le monstre littéraire du mois : Horcynus Orca
- Prix Veil et prix Halimi 2024
- Les jeux sont faits : grands prix de l'automne 2024, suite...sans fin
- Sœurs sensibles de l'étrange : Adelheid et Silvina
- Thème et célébration : Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes
- Ephéméride : en ce jour
"A la sainte Catherine, tout bois prend racine"
Dicton du 25 novembre
"...je me demande si les mots ne peuvent pas édifier un nouveau monde au-dessus du grand vide, au-dessus de l'abîme..."
Adelheid Duvanel
Kafka, en embuscade, dirait du monde éditorial qu’il est "comme un chemin en automne, à peine balayé qu’il se couvre à nouveau de feuilles mortes". Mais quel bonheur de tomber sur de bonnes feuilles qui émerveillent et réconfortent, qui soutiennent et, s’il le faut (car parfois il le faut) s'engagent - soient elles ou non bardées de distinctions, déjà accomplies ou dans le bruissement de l’efflorescence. Ainsi, outre les prix, médiatiques et mérités, nous souhaitons vous partager quelques découvertes littéraires qui, délaissant la ramure pour la treille s’apparentent, exigeantes certes mais savoureuses, à des vins d’exception. A l’orée de la forêt et hors des sentiers battus car, bien qu’un livre puisse être comparé à un arbre, cela ne justifie pas la langue de bois.
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Le polar du mois : Charlotte chérie
Paris. Un groupuscule masculiniste semble bien décidé à s’en prendre aux femmes de façon extrêmement violente. Le capitaine Lebon et la brigadière Lecoeur se lancent dans une course contre la montre pour faire cesser cette folie.
L'historique du mois : Le barman du Ritz
France occupée,1940. Dans le bar du luxueux hôtel officie le "prince des cocktails", charmant par son art aussi bien Coco Chanel et Cocteau...que Goering. Tout ce beau monde ignore que le génial barman est juif...
La prise de conscience du mois : Cabane
Notre consommation immodérée - et le productivisme effréné qui la soutient - conduiront-ils à la destruction de la planète? Peut-on être à la fois un scientifique brillant et un être humain...plutôt opaque? Un plaisir de lecture et une incitation à la réflexion.
La jeune prodige du mois : Ecoutez-moi jusqu’à la fin
Vacca Vale, ville fictice de l'Amérique profonde, est un condensé de l'humanité - et de ce qui déshumanise. Le tout illuminé par un des personnages féminins les plus émouvants de la littérature contemporaine, Blandine Watkins. Et magnifié par la plume étincelante de l'autrice, à peine 30 ans, déjà l'aplomb des grands et un National Book Award, un de plus importants prix littéraires américains - amplement mérité.
Le monstre littéraire du mois : Horcynus Orca
L'odyssée contemporaine, en pleine déliquescence fasciste, de 'Ndrja Cambría, marin et pêcheur sicilien. Livre de l'inventivité et la démesure, exigeant mais passionnant, sa langue nous bouscule tel les vagues du détroit de Messine. Si vous y survivez, vos ne penserez jamais à un dauphin de la même manière...ni à une orque. Dans (et avec) tous les sens, un grand livre.
Grand Prix de littérature policière 2024
Fondé en 1948, ce prix récompense les meilleurs romans policiers (francophones et étrangers) parus chaque année. En 2024, le prix en langue française revient au romancier, dramaturge et comédien Olivier Bordaçarre.
Prix Veil et prix Halimi 2024
Le prix Simone Veil récompense un ouvrage, écrit par une femme, qui fait connaître avec brio des femmes marquantes de leur époque. Le prix Gisèle Halimi honore l’auteur ou l’autrice d’une œuvre de fiction de langue française, mettant en valeur le courage et le combat des femmes pour leur liberté et pour l’égalité. En 2024, les deux reviennent à l'autrice franco-iranienne Abnousse Shalmani pour un roman historique prenant et sensuel.
Les jeux sont faits : grands prix de l'automne 2024, suite...sans fin
La multiplication des prix littéraires semble être le miracle à la mode, pour le plus grand bonheur des auteurices et des libraires (louons le naturel épicène). Mais comme à l'accoutumé, lesdits grands prix de l'automne demeurent les plus convoités. En voici donc quatre, parmi lesquels le "Roi Goncourt", dont le jury a fait montre de courage et ouverture.
Sœurs sensibles de l'étrange : Adelheid et Silvina
Elles étaient toutes les deux écrivaines et peintres. Elles avaient toutes les deux des scalpels de velours dans les yeux. Des mots qui se posaient sur la feuille comme les touches de couleur d'un artiste subtil et démoniaque. Toutes les deux élevées dans la stricte observance catholique, la fille de notable bâlois et l'aristocrate argentine auraient-elles pu devenir amies, apprécier mutuellement leurs créations? La parole est à l'œuvre.
Thème et célébration : Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes
Aucune région, aucune culture n'est épargnée. De Kaboul à Paris, en passant par le Brésil et le Valais (sans oublier Moscou), de manière brutale ou en apparence feutrée, des femmes subissent les multiples déclinaisons de la violence. Le 25 novembre 1960, en République dominicaine, trois sœurs sont assassinées par la dictature. Ce meurtre est là l'origine de cette journée internationale d'action et commémoration, qui l'est aussi d'espoir.
Ephéméride : en ce jour
Le 25 novembre 1970 meurt à Tokyo, par suicide rituel ou seppuku, le romancier, poète et dramaturge japonais Kimitake Hiraoka, plus connu sous le nom de Yukio Mishima. D'une famille proche des samurais du côté maternel, il développe précocement une passion pour la littérature, malgré l'opposition de son père. A la fois ouvert d'esprit et politiquement conservateur, Mishima fut plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature. Au moment de sa mort il avait 45 ans.