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La lettre de février : en attendant l'arc-en-ciel

"Les grandes eaux ne pourront pas éteindre l'amour, ni les fleuves le submerger."
 Cantique des cantiques

"Nous sommes fluides, mais cela ne suffit pas. Nos récits sont nos amarres et nos cordes" 
 Alain Freudiger, Liquéfactions

A peine fanées les roses de février (et fondus ou croqués les cœurs en chocolat) que le printemps s'installe, précoce et timide, nous offrant floraisons, vitamine solaire, joyeux éternuements. Et même si la montée des eaux menace (fermer les yeux ne servirait à rien), nous savons que les mots sont puissants et matière idéale, davantage que le bois périssable, pour les arches à survie. En attendant l'arc-en-ciel.

Le polar historico-politique du mois : L'étendard sanglant est levé

Janvier 1980. Alors que la France s`enfonce dans la crise économique, les services de police sont déterminés à mettre un visage sur ceux qui importent le terrorisme révolutionnaire dans le pays. 

Durée : 28h. 56min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80631
Résumé : Janvier 1980. Alors que la France s`enfonce dans la crise économique, les services de police sont déterminés à mettre un visage sur ceux qui importent le terrorisme révolutionnaire dans le pays. Infiltré auprès d`Action directe, le brigadier Jean-Louis Gourvennec approche un marchand d`armes formé par les services libyens qui affole Beauvau et répond au surnom de Geronimo. Jacquie Lienard, son officier traitant aux RG, tout comme Marco Paolini, un jeune flic tourmenté de la BRI, sont prêts à tout pour localiser et identifier le trafiquant. Les deux inspecteurs concurrents vont rapidement faire face à Robert Vauthier, un mercenaire reconverti en proxénète qui enflamme les nuits de la jet-set parisienne et s`apprête à prendre le chemin du Tchad pour traquer Geronimo. La campagne présidentielle et le retour de Carlos sur le devant de la scène vont plonger ces quatre personnages dans un déchaînement de coups bas, de corruption et de violence dont personne ne sortira indemne.


L'historique du mois : Ce pays qui n'aimait pas l'amour

Années 1930, l'Ukraine fait partie de l'URSS. Déborah s'installe à Kharkiv et s'éprend de Samuel, jeune pilote. Les purges staliniennes vont faire des ravages...et avec l'arrivée des nazis, Deborah devra renoncer à  son identité et à son amour pour sauver sa famille.

Durée : 11h. 59min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 80585
Résumé : Un secret de famille. Une vie de femme dans les "Terres de sang" Debora a dix-sept ans et adore la littérature. Elle quitte sa campagne natale pour s'installer à Kharkiv (1930), la capitale de la nouvelle République socialiste soviétique d'Ukraine, où elle rencontre Samuel, un jeune pilote de chasse en formation. Ils tombent amoureux, s'intègrent à l'élite culturelle émergente de l'Ukraine, mais, leur avenir tout tracé s'assombrit rapidement. La collectivisation des campagnes provoque une famine dévastatrice qu'accompagne une répression sanglante de Moscou. Samuel est arrêté et condamné à dix ans de travaux forcés, laissant Débora seule avec leur enfant. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que les armées nazies envahissent l'Ukraine, Débora est contrainte de renoncer à son identité, à sa religion et à l'homme qu'elle aime pour survivre et protéger sa famille. Un officier du KGB la convainc que Samuel est mort et lui demande sa main


Le suspense claustro-marin du mois : Whalefall

Agnostique Jonas, Pinocchio revêche et débrouillard, Jay Gardiner plonge pour retrouver la dépouille de son père mal-aimé et le voici dans le ventre inconfortable d'un cachalot, en compagnie d'un calamar géant pas tout à fait mort et une bouteille d'oxygène qui se vide...

Durée : 7h. 44min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80623
Résumé : Jay Gardiner s'est lancé dans une quête insensée : retrouver la dépouille de son père disparu dans l’océan Pacifique, au large de Monastery Beach. La seule façon, pour lui, de se libérer du poids de la culpabilité. La plongée commence bien, mais l'apparition d'un calmar géant le met en danger, danger aggravé par l'arrivée d'un cachalot. Soudain, Jay est entraîné dans l’estomac de la bête. Il lui reste une heure avant que ses bouteilles ne se vident, une heure pour vaincre ses démons et s'échapper du ventre du cachalot.


L'aimable poétique du mois : Le chat du jardinier

La poésie peut-elle nous redonner le goût de vivre? La poésie est-elle "pour tous"? Vous le découvrirez dans ce roman généreux où Thalia (pas la muse de la comédie mais une lettreuse à la retraite) pratique une savante et efficace "thérapie poétique", à l'aide des plus grands, sur Louis le jardinier.

Durée : 11h. 31min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 80628
Résumé : Louis, taiseux et solitaire, est jardinier en Provence. Sa vie s'effondre quand il découvre que son chat a une tumeur. Sa nouvelle voisine, Thalie, professeure de lettres à la retraite, lui redonne le goût de vivre en lui faisant déclamer devant ses arbres les textes des grands poètes d'hier et d'aujourd'hui, de Sapho à Rimbaud en passant par Neruda, Kipling, Rilke, Brontë ou Senghor.


L'engagé du mois : Aqua

Comment gérer des ressources naturelles qui se raréfient  (en l'occurrence, l'eau)? L'intérêt commun prévaudra sur les mesquineries et la basse ambition? Certains attachants, d'autres irritants voire écœurants, une galerie de personnages plus vrais que nature s'allient ou s'affrontent dans un village français qui devient l'arène où se joue peut-être l'avenir de l'humanité.

Lu par : André Cortessis
Durée : 12h. 35min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 80629
Résumé : Après son best-seller Humus, Gaspard Koenig poursuit son exploration romanesque des éléments Quand Martin Jobard, un enfant du pays devenu haut fonctionnaire à Paris, décide de revenir briguer la mairie de son village normand et de moderniser le réseau d'eau potable, il trouve sur son chemin Maria, la joyeuse et idéaliste tenancière de l'épicerie, qui a écrit une thèse sur les communs et défend la source traditionnelle. La lutte qui s'engage va éveiller, chez les habitants, le pire comme le meilleur. Maria pourra-t-elle changer le cours des choses ? Sur fond de crise de l'eau, Aqua met en scène de manière réaliste et documentée une communauté rurale prise dans des contradictions contemporaines, entre désir d'autonomie, apathie citoyenne, arcanes de la politique locale et tutelle de l'Etat-Providence. Comment gérer des ressources naturelles qui se raréfient ? Peut-on encore "faire village" ? Mêlant mythologies normandes de l'eau et bureaucratie des communautés de communes, maniant à la fois la poésie et l'ironie, Aqua tisse une impressionnante toile de personnages où se mêlent un ministre trop pressé, une naturopathe bouddhiste, un éleveur mélancolique, une préfète amoureuse, un maire philosophe, une hydrogéologue anticapitaliste... Inscrit dans le même terroir qu'Humus et reprenant certains de ses personnages secondaires, le nouveau roman de Gaspard Koenig constitue le second volume d'une ambitieuse tétralogie autour des quatre éléments.


Les Prix dans l'histoire : le premier Femina (La vie heureuse)

Née à Jérusalem de mère allemande et de père juif russe (converti au christianisme), Myriam Harry adopte le français comme langue d'expression et devient romancière et grand reporter. En 1904 elle aurait dû obtenir le 2ème Prix Goncourt de l'histoire  - la critique et une partie du jury y étaient pour...mais c'était une femme. En réaction à la misogynie ambiante, l'équipe du journal féminin La vie heureuse crée et lui attribue le prix du même nom, qui deviendra le Femina par la suite. 

Lu par : Francine Crettaz
Durée : 9h. 55min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 80555
Résumé : "Voici un livre extrêmement digne de remarque, et que j'ai plaisir à signaler. […] Il est conçu avec intelligence, écrit avec fermeté et délicatesse, et, surtout, il s'en dégage une vie ardente, une sorte d'exhalaison chaleureuse, qui atteint et gagne le lecteur. Il sent le désert, les fleurs sauvages, et les parfums de l'Arabie". L'article élogieux consacré par Léon Blum à La Conquête de Jérusalem, lors de sa publication en 1904, révèle tout l'intérêt que voua la critique de l'époque à l'oeuvre de Myriam Harry. Son exotisme, empreint d'influences orientalistes, se nourrit singulièrement de l'existence même de l'auteure, qui y convoquait les souvenirs de sa ville natale, où se côtoyaient toutes les religions, tous les fanatismes, toutes les langues, et où la Bible se mêlait aux légendes d'Astarté, d'Adonis et de Baal. Elle y contait les errances du jeune Hélie Jamain, archéologue et conquérant de la ville sainte par l'érudition, épris d'une diaconesse, objet de sa passion puis source de sa mélancolie, mais, surtout, envoûté par Jérusalem, ses mythes antiques et ses souffrances - car les combats les plus violents sont souvent menés au nom de Dieu. A l'aube du XXe siècle, le jury du Goncourt ne semble pas prêt à décerner son prix à une femme, fût-elle favorite - aussi un comité de femmes de lettres crée-t-il le prix Vie heureuse, désormais nommé Femina, afin de l'attribuer au roman de Myriam Harry. [PrixVie Heureuse (Femina) 1904]


Prix Transfuge 2026

Premier prix littéraire relevant de la rentrée d'hiver, le Transfuge a pour vocation de mettre en valeur le meilleur de la cuvée, aussi bien en fiction française et étrangère qu'en essai, polar ou théâtre. Le prix Transfuge du "meilleur roman américain" revient cette année à l'excellente Lionel Shriver et son regard toujours aiguisé sur les travers du monde.

Lu par : Francine Crettaz
Durée : 10h. 39min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 80617
Résumé : Etats-Unis, 2011. Le mouvement pour la Parité Mentale est tout-puissant. Les Américains l’ont bien intégré : il n’y a pas d’inégalité intellectuelle, tout le monde est intelligent, la discrimination à la bêtise relève du crime de haine. Plus de tests, plus de notes, plus d’examens, plus d’évaluations, et les entretiens d’embauche sont strictement encadrés. Les écoliers peuvent être renvoyés s’ils utilisent le « S-word » (Stupide) et sont encouragés à dénoncer leurs parents s’ils le prononcent à la maison. Professeur d’Anglais à l’université, Pearson ne l’entend pas de cette oreille. Dans sa salle de cours, elle assiste impuissante à l’inexorable nivellement par le bas sur ses étudiants, tout comme elle enrage de voir ses propres enfants être découragés dès le primaire. Heureusement, il lui reste sa meilleure amie Emory pour évoquer ce sujet désormais socialement tabou. Les deux femmes se connaissent depuis l’adolescence, la confiance entre elles est totale. Ou du moins Pearson le croyait-elle. Car Emory est une personnalité publique, animatrice radio qui embrasse désormais la ligne du Mouvement. La rupture est inévitable. Et avec elle des conséquences que l’imagination pourtant particulièrement affutée de Pearson n’aurait jamais pu envisager…


Prix Suisses de littérature 2026

L'Office Fédéral de la Culture octroie chaque année plusieurs prix littéraires, dont le plus prestigieux, le Grand Prix Suisse de  littérature qui couronne une œuvre. Il a été attribué cette année à la franco-suisse Corinne Desarzens. pour "la singularité profonde de son regard, l’étendue joyeuse de sa curiosité et l’étincelle de son style" selon le jury. Parmi ses titres dans notre bibliothèque : 

Durée : 9h. 18min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 7562
Résumé : Avec "Aubeterre", son cinquième livre, Corinne Desarzens cherche à sonder les secrets d'une famille de paysans établis dans la ferme du même nom. A la fois chronique, roman familial et poème, son livre louvoie entre les genres... il tranche singulièrement sur la timidité des autres productions romandes. Tout, ici, est excès : de l'histoire qu'on raconte, faite de violence et de passion, au style précis et sensuel, dont la seule règle semble être celle du plaisir.
Durée : 8h. 22min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 18126
Résumé : « Je menais une vie ordinaire... Mais j'étais en veilleuse, avec l'impression tout le temps de faire partie de ces gens, d'apparence classique, qui sont intérieurement incontrôlables. » Ainsi se décrit la narratrice de ce texte qui, alors qu'elle mène une vie paisible près de Genève, décide un jour de se battre pour les « requérants », terme qui, en Suisse, désigne les sans-papiers. Elle révèle la stupidité, l'injustice et la mauvaise foi d'une administration butée, et essaie par tous les moyens de lutter contre les expulsions et le triste sort réservé à ces « requérants ». Parmi ces hommes jeunes, il y en a un dont elle va tomber éperdument amoureuse : un Roi. Il est Ethiopien et soudain s'impose à elle l'idée de partir pour l'Ethiopie.


Pour accéder à l'ensemble des titres de Corinne Desarzens disponibles à la BSR, suivez ce lien

Les autres Prix suisses de l'année sont octroyés par régions linguistiques. En Romandie, l'un des deux auteurs récompensé est le natif de Saint-Imier Antoine Rubin, pour son dernier livre, Calcaires, finaliste aussi du Prix du livre de Lausanne.

Lu par : Caroline de Rham
Durée : 5h. 16min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 79184
Résumé : De la chaîne du Jura à Uranium City dans la forêt boréale, trois promenades à la fois proches et lointaines aux allures d’investigation. Les histoires défilent mais sont toutes étrangement contenues par la même dorsale : un massif de calcaires. Une montagne grignotée par une carrière, des squats transformés en immeubles au béton clinquant, une ville dévastée par l’exploitation minière sont autant de lieux explorés par l’écrivain Antoine Rubin, qui interroge notre lien à la terre, nos façons de faire société au milieu de paysages abîmés. Avec une narration poétique et photographique, il capte des tentatives de vies collectives ainsi que des instantanés aux prises avec la mémoire et l’oubli. Comment habiter un monde, dès lors qu’il semble promis aux ruines ?


Thème 1 : l'étendue trouble et surprenante des amours

Qui oserait le définir, qui se risquerait à le circonscrire, à l'enfermer, le confondant avec le maigre poisson du filet alors qu'il est justement l'eau qui s'en échappe? Amour : mot-passoire, mot pluriel, passoire de l'infini. Lumière et marécage. Et qu'on ne l'enferme pas dans une journée vouée au commerce : chaque jour (et surtout chaque nuit) lui appartient.

Durée : 10h. 17min.
Genre littéraire : Science-fiction
Numéro du livre : 19475
Résumé : L'Antarctique. À la tête d'une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n'y a rien, juste le froid le vent, le silence. Jusqu'à ce son, très faible. À plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l'euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place. Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d'amour et chronique scientifique.
Lu par : Claude Fissé
Durée : 3h. 27min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 20346
Résumé : Ah ! que la guerre est jolie quand on a quinze ans et que l'on aime ! Sur les bords de la Marne, tandis que tonne le canon, ils s'aiment, en effet, de passion coupable. Lui, un peu veule, à peine sorti de l'adolescence, nourri de Rimbaud, épris de liberté. Elle, déjà femme, risquant l'impossible du haut de ses 19 ans. Tous deux ivres de ce printemps assassin de 1917. Marthe vient juste de se marier ; Jacques, son époux, est au front. Le tromper au grand jour, c'est pousser trop loin l'inconscience, la trahison, le scandale... Et lorsque survient la promesse d'un enfant, l'amant s'éclipse comme un gamin aux prises avec une aventure d'homme...
Lu par : Fabienne Boichat
Durée : 2h. 47min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 14561
Résumé : Un jeune homme solitaire rencontre une nuit une jeune femme étrange sur un quai dans un quartier mal famé de Pétersbourg. Pour une raison encore mystérieuse, elle annonce qu'elle doit se rendre dans ce lieu toutes les nuits. Il décide de lui tenir compagnie. Durant ces quelques 'Nuits blanches', ces deux animaux écorchés vifs, ces monstres d'égocentrisme, ces deux personnages sublimes de poésie qui ont chacun développé un univers fantasmagorique étonnant, vont apprendre à s'ouvrir au monde, à offrir leur confiance, à aimer.
Durée : 6h. 37min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 34535
Résumé : Dès leur première rencontre, Eleonora se reconnaît en Chirú. À trente-huit ans, elle est une comédienne célèbre mais une femme solitaire, marquée par des rapports difficiles avec son père. Lui a dix-huit ans et étudie le violon au Conservatoire ; talentueux et impétueux, il rêve de faire carrière, malgré l'indifférence de sa famille. Aussi, quand il lui demande de devenir son mentor, Eleonora ne peut qu'accepter. Elle transmet dès lors à Chirú tout ce qu'elle a appris, des codes vestimentaires jusqu'à l'art de la cuisine en passant par les rituels affectifs. Elle lui offre des leçons de vie qui font grandir entre eux des sentiments forts mais équivoques, montrant combien tout rapport d'amour est un rapport de pouvoir, dans lequel la manipulation est toujours aux aguets. D'une plume ferme, parfois crue, Michela Murgia décrit les souffrances et les affres de l'amour qui unit puis éloigne les deux personnages. Ses mots évoquent la dureté et la force vitale de son île natale, la Sardaigne.
Lu par : Jeanne Laurent
Durée : 9h. 46min.
Genre littéraire : Roman d'amour
Numéro du livre : 36958
Résumé : Elio Perlman se souvient de l'été de ses 17 ans, à la fin des années quatre-vingt. Comme tous les ans, ses parents accueillent dans leur maison sur la côte italienne un jeune universitaire censé assister le père d'Elio, éminent professeur de littérature. Cette année l'invité sera Oliver, dont le charme et l'intelligence sautent aux yeux de tous. Au fil des jours qui passent au bord de la piscine, sur le court de tennis et à table où l'on se laisse aller à des joutes verbales enflammées, Elio se sent de plus en plus attiré par Oliver, tout en séduisant Marzia, la voisine. L'adolescent et le jeune professeur de philosophie s'apprivoisent et se fuient tour à tour, puis la confusion cède la place au désir et à la passion. Quand l'été se termine, Oliver repart aux Etats-Unis, et le père d'Elio lui fait savoir qu'il est loin de désapprouver cette relation singulière... Quinze ans plus tard, Elio rend visite à Oliver en Nouvelle-Angleterre. Il est nerveux à l'idée de rencontrer la femme et les enfants de ce dernier, mais les deux hommes comprennent finalement que la mémoire transforme tout, même l'histoire d'un premier grand amour. Quelques années plus tard, ils se rendent ensemble à la maison en Italie où ils se sont aimés et évoquent la mémoire du père d'Elio, décédé depuis. Appelle-moi par ton nom est un roman d'amour singulier tout autant qu'une réflexion sur la mémoire et l'oubli. La langue à la fois précise et sensuelle d'André Aciman parvient à évoquer la tyrannie des corps - mais aussi la part de brutalité qui se niche dans tout éveil au sentiment amoureux - avec une élégance rare.
Lu par : Clélia Strambo
Durée : 13h. 33min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 31302
Résumé : " Si tu es celle que j'ai vue là-bas, les bras serrés autour de toi avec un léger sourire brisé, alors je pense que tu comprendras [...] je ne veux pas te rencontrer ni te déranger dans ta vie quotidienne, mais j'aimerais que tu acceptes de recevoir des lettres de moi. " C'est ainsi que commence la première lettre d'un inconnu à une inconnue. Il lui propose une histoire d'amour épistolaire absolue, fulgurante, limitée dans le temps, illimitée dans le pouvoir des mots qui veulent aller jusqu'au bout de ce chemin vers l'Autre. Cet Autre pour l'homme, c'est la femme. De ses réponses à elle, Myriam, nous ne savons que ce qui se dessine en filigrane dans ses lettres à lui, Yaïr. A mesure qu'avance ce monologue qui sert d'écrin à la voix d'une femme, l'homme qui en appelle à la complicité des lettres de Flaubert et de Kafka, se décompose et se défait. Rêves, orgueil, égoïsme, narcissisme, s'effritent pas à pas pour nous laisser découvrir à l'horizon le chemin qui mène un homme enfin nu vers la femme toujours nue et vulnérable. Pari exigeant et sublime superbement tenu par David Grossman qui, après avoir exploré la grammaire intérieure, s'engage ici dans la grammaire amoureuse et, au-delà, dans la possibilité même d'atteindre l'Autre par la parole et l'écriture. David Grossman, né à Jérusalem en 1954, est considéré comme l'écrivain israélien le plus doué de sa génération. Il est l'auteur de quatre autres romans, " Le Sourire de l'agneau ", " Voir ci-dessous : Amour ", " Le Livre de la grammaire intérieure ", " L'Enfant zigzag ", de deux récits documentaires courageux, " Le Vent jaune ", " Les Exilés de la Terre promise ", et d'une dizaine de livres pour la jeunesse. Traduits dans vingt-deux langues, ces ouvrages ont été distingués par de nombreux prix. " L'Enfant zigzag " a été couronné par le Premio Grinzane et le Premio Mondelo en Italie. David Grossman vit à Jérusalem avec sa femme et ses trois enfants.
Lu par : Francine Crettaz
Durée : 5h. 20min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 78171
Résumé : En vacances à Lucerne, Irene tombe amoureuse de Kathy, une musicienne en tournée avec son orchestre féminin. Ce coup de foudre bouleverse leur quotidien: Irene découvre le bonheur lesbien, tandis que Kathy négocie ce flirt avec sa compagne Fritzi. Les trois femmes tentent d’accorder passion et raison, en équilibristes du sentiment.
Durée : 3h. 40min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 31527
Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c'est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C'est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l'appartement. C'est elle qui n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom.


Thème 2 : histoires (de trop) d'eau

"L'eau ne se transformera plus en déluge". La promesse prend de l'eau. La terre assoiffée-repue, maltraitée par nos soins, ne peut plus plus contenir ce qui se déverse, et nous voici revenus, ou sur le point de revenir, à l'élément liquide. Mais l'espoir, qui est avant tout un récit de l'espoir, nous maintient à flot.

Lu par : Marie Lourizi
Durée : 2h. 21min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 14521
Résumé : L'Épopée de Gilgamesh est un récit légendaire de l'ancienne Mésopotamie. Il a été rédigé dans la Babylonie des XVIIIe et XVIIe siècles av. J.-C. en akkadien, à partir de récits légendaires sumériens ayant pour personnage principal le roi Gilgamesh d'Uruk et d'autres mythes communs au fonds proche-oriental, comme le Déluge.
Durée : 2h. 42min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 9001
Résumé : En janvier 1994, la Charente est en crue. Une crue brutale, spectaculaire, ravageuse. La romancière de "L'Inventaire" et de "Une femme heureuse" se trouvait alors dans sa maison de Saintes et fit partie des sinistrés. La crue, ce n'est pas seulement des dégâts matériels, des dossiers d'assurances. C'est l'omniprésence d'un adversaire insaisissable et qui réveille en chacun de nous tant de hantises. Ce sont la solidarité ou l'indifférence sous leurs formes les plus immédiates. Ce sont les terreurs ancestrales - aussi bien celle du pillage que celle des fléaux naturels - opérant un retour brutal dans notre monde domestiqué. C'est enfin un ébranlement irrémédiable de nos racines. La blessure secrète de savoir que l'odeur de la vieille maison ne sera plus jamais la même... Sur un événement ultra-médiatisé - c'est-à-dire objet d'une curiosité tapageuse et éphémère - Madeleine Chapsal pose un regard sensible, humain, souvent profond : celui d'une victime, certes, mais aussi et surtout celui d'un écrivain.
Lu par : Xavier Clément
Durée : 15h. 52min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 78506
Résumé : À l’origine de ce roman époustouflant, des faits réels : entre 1968 et 1969, celui que la presse écossaise a surnommé Bible John tua trois jeunes femmes rencontrées dans une discothèque de Glasgow et disparut. En 1983, Noah Scott Sherrington, policier obsédé par Bible John depuis près de quinze ans, s’apprête à l’arrêter sous une pluie torrentielle quand il est foudroyé par une crise cardiaque. À peine remis, écoutant son intuition et résistant aux injonctions des médecins et de sa hiérarchie, il suit la piste du meurtrier jusqu’à Bilbao, port où s’active secrètement l’ETA. Alors que les fêtes patronales de l’Aste Nagusia battent leur plein, des jeunes femmes sont assassinées à la sortie de discothèques… Noah, enquêteur tenace et doté d’un coeur fragile, au sens propre comme au figuré, a-t-il enfin retrouvé sa cible ? Les terribles inondations qui vont bientôt ravager la ville feront-elles obstacle à son projet ?
Durée : 40h. 8min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 78474
Résumé : De la présidence d'Obama aux années 2040, cette dystopie réaliste suit le parcours d'une série de personnages dont les destins convergent à la fin des années 2020, lorsqu'une élue républicaine accède au pouvoir et promet des restrictions sur les émissions de carbone. Mais déjà, partout dans le monde, canicules, incendies et inondations sèment le chaos, poussant l'humanité au bord du gouffre. [ Meilleur roman étranger 2024 : Lire Magazine.]
Lu par : Claude Yersin
Durée : 3h. 12min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 69043
Résumé : C’est le dernier soir à L’Helvezia, le bistrot du village racheté par des investisseurs. Tous les habitués sont là: la Tante, hôtesse de tout son monde, la Silvia, l’Otto, le Luis, l’Alexi, et les autres aussi, encore vivants ou déjà morts. L’alcool coule à flots et ça fume à tout-va. On est en janvier et il ne neige pas. Il pleut comme vache qui pisse. C’est quoi cette bizarrerie climatique ? Le déluge ? On cause de ça, de tout, sans discontinuer. Ressurgissent alors les histoires enfouies de ce village qui pourrait bien être le centre du monde. La fin est proche, mais tant qu’il y a quelqu’un pour raconter, on reprend un verre. Ce Prix suisse de littérature 2012 s’avale cul sec !


Ephéméride : John Steinbeck (1902 - 1968)

Le  27 février 1902 nait à Salinas, California, le romancier John Ernst Steinbeck. La sensibilité sociale, notamment la situation des classes défavorisées, est présente dans son œuvre, qui ne dédaigne pour autant pas l'humour. Lauréat du Prix Pulitzer en 1940 et du Nobel de littérature en 1962, Steinbeck décède en décembre 1968, à 66 ans. Il est considéré comme l'un des plus grand écrivains étatsuniens. 

Lu par : Bertrand Baumann
Durée : 5h. 1min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 18440
Résumé : Dans une petite ville de Californie, un jeune militant s'apprête à vivre pour la première fois l'épreuve de la violence : comment va-t-il résister à la peur et à la souffrance ? En bavardant avec un rémouleur ambulant, une femme dans la force de l'âge, mariée à un fermier sans imagination, ressent un soudain désir de vivre, de voir du pays, de s'évader ; un instant, un même sentiment érotique de la terre la relie au voyageur ; mais l'évasion dont elle a rêvé se transformera en une sortie banale à Salinas, la ville voisine...Treize nouvelles, dont le célèbre « Poney rouge ». Mais un seul livre, dont l'unité est l'amour de Steinbeck pour la grande vallée californienne de Salinas. La vallée où se passent les choses les plus ordinaires du monde - les plus grandes -, le pays où vivent les gens les plus simples, les plus mystérieux des hommes.
Lu par : Marcel Pahud
Durée : 19h. 41min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 2069
Résumé : Le livre raconte l'odyssée d'une famille de paysans, les Joad, qui, ruinée par les tempêtes de poussière, par l'appauvrissement du sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l'Oklahoma et de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés, traqués, exploités par les grands propriétaires, les émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste pénitencier.
Durée : 4h. 58min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 67148
Résumé : Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux. - Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc. Lennie était affolée. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l'autre main, il lui couvrit la bouche et le nez. - Non, j'vous en prie, supplia-t-il. Oh, j'vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait. Elle se débattait vigoureusement sous ses mains... - Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j'ai encore fait quelque chose de mal. Il m'laissera pas soigner les lapins


Hommage : Cees Nooteboom (1933-2026)

Cornelis Johannes Jacobus Maria Nooteboom, dit Cees Nooteboom, nait le 31 juillet 1933 à La Haye. Poète, romancier, traducteur, journaliste, Noteboom fut un auteur prolifique, dont les textes sont tressés d'érudition et de finesse. L'auteur nééerlandais est décédé le 11 février dernier, à 92 ans.

Lu par : Clélia Strambo
Durée : 8h. 13min.
Genre littéraire : Voyage/exploration
Numéro du livre : 70161
Résumé : C’est une Venise hivernale ou à peine printanière que nous révèle ici l’auteur. On y arrive en train, en avion, en voiture. On s’installe avec lui à l’hôtel puis dans des lieux culturels comme dans de modestes appartements à l’écart du centre. Ainsi, depuis son premier voyage en 1964, la vie vénitienne s’égrène au fil de ces cinquante dernières années. Dès lors s’opère la magie de Nooteboom, ce vagabondage qui le caractérise, littéraire, historique et philosophique, au gré de sa mémoire, de sa culture, de son humeur. Comme toujours ses compagnons de déambulation sont des historiens mais aussi des peintres, Carpaccio, le Tintoret, Tiepolo, Guardi, Véronèse, Giorgione, Canaletto. Et toujours des écrivains, Casanova, Ruskin, Mann, Borges, Pound, Montale, Brodsky et tant d’autres. Mais le charme de ce livre ne s’explique pas seulement par l’érudition généreuse et solaire de l’auteur. Il provient de son extraordinaire capacité à mobiliser sa réflexion et sa créativité à partir de ce que le hasard lui propose.
Durée : 12h. 16min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 18718
Résumé : Le protagoniste du Jour des Morts, Arthur Daane, est un réalisateur de documentaires télévisés âgé de quarante-cinq ans. Ce n'est pas un hasard s'il vit à Berlin, cette ville dont chaque pierre est mémoire. Depuis des années, au gré de ses impulsions, il filme, en secret, sur les sites les plus étranges, des images, a priori sans rapport entre elles, d'un monde en lambeaux - inerte, introspectif, dépourvu d'anecdotique-, fragments destinés à s'assembler un jour pour former une véritable somme. Le tout est à l'image de la vie même de Daane. Depuis que celui-ci a perdu sa femme et son enfant dans un accident d'avion, il ne se sent guère plus qu'un spectacteur sur la touche, solitaire, et mélancolique. Pour échapper à cette douleur profonde et cuisante, il ne cesse d'arpenter la planète, en proie au mal-être, partout dans son élément, partout déraciné. Il cherche à s'évader dans la pensée, comme d'autres se consolent dans l'alcool ou la musique. Il observe, philosophe, médite et discute - de la vie et de la mort, de l'éphémère et de l'éternel, de l'art et de la philosophie, des présents et des absents, d'un royaume peuplé de disparus et de morts. Dans de longues conversations nocturnes défilent les thèmes chers à Nooteboom : le souhait irréalisable d'arrêter le temps, la stratification du passé, les traces invisibles de jours envolés, de même que le désir de relier par la philosophie les différentes strates de l'histoire. De loin en loin, la narration est interrompue par un choeur omniscient : des voix de morts qui, à leur tour, commentent les réflexions de Daane.


Pollens

Chères auditrices et lectrices, chers auditeurs et lecteurs. Mars arrive, les beaux jours nous tendent la main (une main charmante, mais volage). L'orme et le peuplier se déchaînent et nous envoient aux foins. Mais c'est cela aussi, la joie du printemps : il faut bien que nature se fasse. Tandis que la rentrée littéraire d'hiver avance doucement vers celle, foisonnante de l'automne. Et nous, toujours présents pour vous en parler (y compris des diamants bruts qui ne brillent pas - encore).

Ouvrons nous donc à ce que le mois nous donne!