Contenu

Nourrir sa vie: à l'écart du bonheur

Résumé
Notre expérience s'est pensée, en Europe, à partir d'une séparation de plans : vital/moral/spirituel ; même ce verbe le plus élémentaire, " nourrir ", a été pris dans la scission du concret et du symbolique : nourrir son corps ou nourrir son âme (dans Platon et les Pères de l'Eglise). Or, en suivant cette expression commune en Chine de " nourrir la vie ", nous voici conduits à remonter à l'inséparation de ces plans ; comme, en lisant le grand penseur de l'Antiquité chinoise, Zhuangzi, à creuser l'écart avec l'idéal grec de la connaissance ainsi qu'avec l'idée du bonheur, conçu comme finalité. Le Sage est sans destination et même sans aspiration ; il " évolue " dans le tao, est-il dit, " tel le poisson dans l'eau "... Certains de nos partis pris les plus massifs s'en voient ébranlés, et d'abord ceux de l'" âme " et du " corps " : si nourrir sa vie peut se dire de façon unitaire, c'est d'abord qu'on nourrit le plus foncièrement en soi le " souffle-énergie ". Se profile alors une autre intelligibilité - à dégager du mysticisme suspect dans lequel les marchands du " développement personnel " voudraient aujourd'hui nous plonger. Ou de ce que le zen est plus intelligent que ce que nos panneaux publicitaires en ont fait.

Pas disponible en CD.

Durée: 6h. 3min.
Édition: Paris, Seuil, 2005
Numéro du livre: 21877
ISBN: 9782020792172
CDU: 100

Documents similaires

Lu par : Nicole Auvinet
Durée : 5h. 12min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 68778
Résumé:Un soupçon s'est insidieusement levé, un matin : que la vie pourrait être tout autre que la vie qu'on vit. Que cette vie qu'on vit n'est plus peut-être qu'une apparence ou un semblant de vie. Que nous sommes peut-être en train de passer, sans même nous en apercevoir, à côté de la "vraie vie". Car nos vies se résignent par rétractation des possibles. Elles s'enlisent sous l'entassement des jours. Elles s'aliènent sous l'emprise du marché et de la technicisation forcée. Elles se réifient, enfin, ou deviennent "chose", sous tant de recouvrements. Or, qu'est-ce que la " vraie vie " ? La formule, à travers les âges, a vibré comme une invocation suprême. De Platon à Rimbaud, à Proust, à Adorno. La " vraie vie " n'est pas la vie belle, ou la vie bonne, ou la vie heureuse, telle que l'a vantée la sagesse. Elle n'est surtout pas dans les boniments du "Bonheur" et du développement personnel qui font aujourd'hui un commerce de leur pseudo-pensée. La vraie vie ne projette aucun contenu idéal. Ce ne serait toujours qu'une redite du paradis. Elle ne verse pas non plus dans quelque vitalisme auto-célébrant la vie. Mais elle est le refus têtu de la vie perdue ; dans le non à la pseudo-vie. La vraie vie, c'est tenter de résister à la non-vie comme penser est résister à la non-pensée. En quoi elle est bien l'enjeu crucial - mais si souvent délaissé - de la philosophie.
Lu par : Béatrice Loyer
Durée : 4h. 36min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 65694
Résumé:L’histoire que je raconte ici est celle de tout le monde… Car qui ne s’est pas trouvé lassé, au fil des jours, du spectacle si merveilleux du ciel, ou du visage de l’Amante, et même d’abord d’être en vie ? On s’en lasse parce qu’on n’en attend – on n’en entend – plus rien. Ce qui s’étale, revient toujours, s’enlise en effet dans sa présence et dans sa récurrence et n’émerge plus, n’apparaît plus. On ne pourra y accéder qu’en découvrant ce qui s’en est enfoui d’in-ouï. Non par dépassement dans un Au-delà, mais par débordement de notre expérience. C’est-à-dire en ouvrant une brèche dans ses cadres constitués et normés, libérant ainsi ce qui s’y révèle autre et qui se donne alors à rencontrer. Aussi rendre ce si lassant réel à ce qu’il contient en soi d’inintégrable et donc de vertigineux, proprement inouï, est, en amont de toute morale, autour de quoi se jouent – basculent – nos existences. L’inouï en devient ce concept premier, ce concept clé, ouvrant un minimum métaphysique où s’opère, ici et maintenant, un tel renversement. Car que peut-on attendre d’autre – espérer entendre d’autre – que l’inouï ?
Lu par : Manon
Durée : 3h. 12min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 34511
Résumé:Le philosophe s'interroge sur la volonté de l'être humain de s'offrir une nouvelle vie. Il pose la question de reprendre son existence et non de la répéter. ©Electre 2017
Durée : 9h. 38min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 33204
Résumé:Entre ces deux grands termes rivaux, l'être et le vivre, exister est le verbe moderne qui fait lever un nouveau possible. Mais comment décrire l'existence sans plus construire - comme la philosophie l'a fait de l'Etre - en s'en tenant au ras du vécu ? Je cherche ici des concepts qui décolleraient le moins de l'expérience : on reste dans l'adhérence au vital ou on en désadhère. Car exister, c'est d'abord résister. Sinon ma vie s'enlise ; ou bien elle peut basculer. Elle s'amorce et se résorbe. Elle reste prise dans le " dur désir de durer " ou bien je peux en émerger. Car si vivre, c'est déjà dé-coïncider d'avec soi (sinon c'est la mort), exister est ce verbe nouveau qui, détaché de l'Etre, se promeut en ressource. " Ex-ister ", c'est en effet, littéralement, " se tenir hors " - il faudra dire de quoi. Ou comment émerger du monde, mais dans le monde, sans verser dans l'au-delà de la métaphysique ? De là se dégage une nouvelle éthique qui ne prêche pas : vivre en existant.
Lu par :
Durée : 50min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 66509
Résumé:Le philosophe et le journaliste abordent le sujet de l'amour en mettant en garde contre le désir de possession que ce sentiment peut provoquer, en tant qu'il peut réduire l'autre à un objet. Ils proposent dès lors de penser la relation comme un échange intime.
Lu par : Louis Belon
Durée : 5h. 9min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 27237
Résumé:Le bonheur se vit ; il ne se réfléchit pas. Les enfants et les amoureux en témoignent, qui vivent pleinement l'instant présent. Mais, dans le quotidien, pourquoi avons-nous tant de mal à être vraiment heureux ? Cette toute nouvelle édition de la Petite philosophie du bonheur peut aider chacun à répondre à cette terrible question pour y remédier.
Durée : 7h. 28min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 24496
Résumé:L'athéisme en tant qu'il nie l'existence de Dieu ou la divinité de Jésus n'est pas le pire refus de Dieu possible. D'aucuns ont trouvé Dieu et pourtant ne le servent pas, le servent d'autant moins. Ils se perdent dans la mesure même où ils l'ont trouvé. Ceux-là ne sont pas athées, ils reconnaissent tous les articles de la foi catholique et, néanmoins, refusent Dieu de la manière la plus radicale, en connaissance de cause. Ceux-là surpassent l'athéisme et nous découvrent un lieu plus ténébreux, d'autant plus ténébreux qu'il se sert de la lumière pour épaissir ses ténèbres. Tel est le lieu du démoniaque. Il concerne premièrement les démons, sans doute, mais un chrétien ne saurait l'ignorer, car il désigne aussi une possibilité tragiquement sienne, celle d'une perdition qui s'ouvre au coeur même de la chrétienté. Le démoniaque n'est pas tant de vouloir le mal, que de vouloir faire le bien sans obéir à un autre, de vouloir faire le bien par ses seules forces, dans un don qui prétend ne rien recevoir, dans une espèce de générosité qui coïncide avec le plus fin orgueil.
Lu par : Daniel Chevalier
Durée : 13h. 50min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 24347
Résumé:Ils sont plusieurs centaines de millions dans le monde, mais aussi des centaines de milliers en France. Et leur nombre augmente tous les jours. Cinq siècles après Jean Calvin, les évangéliques mettent le feu à la planète avec un protestantisme que le théologien picard aurait du mal à reconnaître : spectaculaire, ultramystique, émotionnel, rompu aux armes de la communication et du marketing le plus avant-gardiste. L'enquête menée ici s'attache à comprendre ce courant spirituel déjà très ancien : les évangéliques puisent leurs racines en Europe, notamment dans la France de Louis XIV au temps des Camisards, puis, fuyant le Vieux Continent, s'acclimatent en Terre promise... américaine. Depuis quelques années, ils ont trouvé un nouvel auditoire européen que, peut-être, le christianisme classique ne parvient pas à satisfaire... Qui sont-ils ? De l'Amérique des megachurches à l'Afrique des cent mille sectes, de droite ou de gauche, des groupes les plus modérés aux plus apocalyptiques, la planète évangélique est multiple et paradoxale. A mal les connaître, on leur suppose tant de filiations... Sont-ils la branche religieuse de la CIA ? Un produit de la globalisation ? Un vaudou chrétien ? Ou, comme les évangéliques aiment à le croire, le renouveau avéré du christianisme version XXIe siècle ?Journaliste, essayiste, conférencier, blogueur, Patrice de Plunkett a notamment publié L'Opus Dei – enquête sur le " monstre "(2006), et L'Ecologie, de la Bible à nos jours(2008).Presse:"Passionnant." Jean Sévillia, Le Figaro magazine, 24 Mars 09"Patrice de Plunkett nous livre une enquête fine et serrée sur l'impressionnante percée des évangéliques dans le monde entier." "Un ouvrage bienvenu." Emmanuel Pellat, Famille Chrétienne, 28 Mars 09
Lu par : Raymond Arrivé
Durée : 12h. 20min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 27649
Résumé:Saint Jacques a fait bien des miracles sur le chemin qui porte son nom depuis douze siècles. Mais ce chemin existait certainement avant qu'on ne retrouve son tombeau, et même bien avant qu'il ne foule la Terre d'Ibérie pour y conter l'histoire d'un Palestinien nommé Jésus. Comme tous les chemins, celui-ci a été créé par des hommes, au cours de leur longue saga. Et des millions d'autres l'ont parcouru ensuite, y vivant de belles, ou de dramatiques aventures. Et ce qu'a fait un homme, il y aura toujours un autre homme pour le raconter, l'enjoliver, le magnifier, suivant l'auditoire et suivant la saison. Alors où se trouve la vérité dans tout ça ? Nul ne le sait, même pas celui qui a vécu l'événement, encore moins celui auquel on l'a relaté, car la mémoire ondule avec le temps qui passe. Les histoires que vous allez lire se sont déroulées sur les chemins de Compostelle ou à proximité, certaines dans les temps anciens, d'autres dans les périodes contemporaines. Certains jugeront qu'elles ne sont pas vraies. Ils auront peut-être raison, car la vérité est quelquefois un peu tordue. Les autres les liront comme parole d'Evangile, et ils auront sans doute tort, car la vérité marche moins vite que la mémoire. Quant à ceux qui se moquent complètement de savoir si c'est vrai ou faux, ce sont des sages, car ils profiteront en souriant, ou en pleurant, de ces quelques moments d'éternité.
Lu par : Daniel Schreiber
Durée : 5h. 19min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 28536
Résumé:Après un long travail d'enquête et d'infiltration dans les milieux intégristes catholiques, Luc Chatel révèle leurs nouveaux réseaux (sur Internet notamment) et leur projet politique. Première étape : les municipales de 2014. Il raconte comment ces mouvements proches de l'extrême-droite recrutent et forment des candidats. L'auteur fait des révélations sur l'institut Civitas, détonateur d'un mouvement beaucoup plus large qui a atteint son apogée avec les manifestations anti-mariage pour tous de 2013. Ce livre révèle aussi le soutien décisif apporté à ces intégristes activistes par des organisations puissantes et discrètes, des évêques et des responsables politiques. L'auteur analyse les références idéologiques et historiques de ces mouvements.
Lu par : Marie Constant
Durée : 4h. 30min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 22911
Résumé:Les Origines de la pensée grecque est un ouvrage haut de gamme accessible à tous : Jean-Pierre Vernant n'est pas professeur au Collège de France par hasard ! Le tour de force qu'il réussit ici, c'est de dresser un portrait clair, concis de la civilisation mycénienne, et d'expliquer comment les Grecs ont pu passer d'une société fondée sur un pouvoir divin à la cité démocratique. Même pour un débutant, l'ouvrage est précieux. Il décrit parfaitement ce qu'étaient les rois de l'Iliade : rois divins, acteurs d'un rituel sacré qui assurait la continuation du cycle vital. Mais les meilleures pages concernent sans doute l'aventure des derniers Achéens, réfugiés en Ionie après l'invasion dorienne, privés de leur roi sacré. Pour le remplacer, ils décomposent ses pouvoirs magiques, se les répartissent, au hasard ou par élection, et reproduisent comme sur un damier l'enchaînement des forces divines. Aux sources de l'éveil grec, Vernant révèle ce paradoxe : quand elle invente la combinatoire, la géométrie, l'élection, bref ce qui fera sa modernité profane, la Grèce voulait sauver sa tradition sacrée. Lumineux.
Durée : 6h. 56min.
Genre littéraire : Philosophie/religion/spiritualité
Numéro du livre : 25524
Résumé:Il y a cinq ans, le cardinal et Olivier Le Gendre commençaient une discussion d'une étonnante franchise sur l'Église, son fonctionnement et ses principales prises de position jusqu'à la disparition de Jean-Paul II et l'élection dans un climat de panique de son successeur. Ces entretiens ont donné lieu à un ouvrage, Confession d'un cardinal, qui a suscité d'intenses débats dans la communauté catholique. Ces entretiens ont repris début 2010, mais le climat a changé : Olivier Le Gendre a frôlé la mort à cause d'une grave maladie et le cardinal s'est plongé encore davantage dans le monde des plus défavorisés. Leur ton est donc plus profond, plus spirituel. Peut-on encore avoir confiance dans le message de l'Église ? Ne s'est-il pas trop dénaturé pour avoir la capacité de revenir aux principes premiers des Évangiles et du Christ : attention aux plus démunis, humilité, charité... Le pouvoir de l'Église ne s'est il pas sclérosé à cause d'une hiérarchie vieillotte et accrochée à ses privilèges ? Benoît XVI est-il bien entouré ou, d'une façon plus générale, l'organisation de l'Église est-elle encore adaptée au monde actuel ? Faut-il donner plus d'autonomie aux églises locales ? Y a-t-il encore de l'espérance ?... Olivier Le Gendre doute, le cardinal est lucide : « Nous sommes dans une Église étrange, capable souvent du meilleur et nous laissant parfois surpendre par le pire.» Au cours de leur dialogue tout aussi passionné que calme, ce sont toutes les problématiques les plus profondes qu'ils exposent sans jamais fermer les yeux.