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La lettre d'avril : leçons de jardinage

"J’attrape le printemps avec précaution et je l’ouvre..."
 Odysseas Elytis

"…et rien n'était plus doux que l'air qu'on respirait dans ce jardin..." 
 Les mille et une nuit

Les roses et la perception s'épanouissent ce mois généreux en arômes et en prix (littéraires), propice à l'éclosion et au dévoilement. Ce que nous apprend le jardin : qu’il faut tailler parfois - dans nos préjugés, dans nos illusions (ces branches, ces feuilles mortes) - pour que reverdissent l’élan, la pensée.
Sous les riches auspices d'Aphrodite et du soleil la saison mûrit, succulente, gorgée de mots. Saison des possibles.

Le polar classique du mois : Un linceul n'a pas de poches

Dénoncer la corruption? Défendre la vérité envers et contre tout? Être un journaliste intègre? Mike Dolan se met en danger dans ce classique qui semble avoir été façonné ce matin, tellement il est actuel, par l'un des maîtres du roman noir.

Lu par : Simon Corthay
Durée : 6h. 15min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80994
Résumé : Mike Dolan démissionne avec fracas du journal qui l'employait le jour où, une nouvelle fois, son rédacteur en chef lui refuse un article dénonçant la corruption dans le monde du base-ball. Avec deux amis, Dolan monte le Cosmopolite. Leur devise : intégrité, impartialité et indépendance. Ils s'engagent alors dans une guerre contre la collusion des édiles locaux. Scandale après scandale, tandis que leurs adversaires tentent de les amadouer ou de les effrayer, l'attitude de Dolan se radicalise : plutôt mourir que renoncer ! Même lorsqu'il s'agit d'aller fureter du côté des Croisés, ces émules du Ku Klux Klan.


L'historique du mois : La guérisseuse de Catane

Dans la Catane cosmopolite et tendue du 16e siècle, l'histoire vraie de Virdimura, la première femme médecin, savante et humble, qui dut lutter contre des préjugé de genre et de confession, et qui se consacra à soigner les pauvres.

Durée : 4h. 23min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81001
Résumé : Sicile, XIVe siècle. Dès l’enfance, Virdimura apprend de son père l’art de guérir : les connaissances anatomiques, les propriétés des herbes et surtout la compréhension que le corps ne guérit pas si l’âme souffre. Adulte, elle choisit de soigner les laissés-pour-compte, les marginaux, les enfants, les jeunes femmes qui ont subi des violences. Elle utilise son savoir médical mais aussi la parole, la danse, le sens de la beauté. Cependant, sans la présence d’un homme, Virdimura n’a pas le droit de soigner et est arrêtée puis jugée. Ce roman, inspiré de faits réels et des minutes de son procès, est le plaidoyer qu’elle présente pour exercer – contre la volonté de tous – son métier. Dans ce livre qui fait de la Sicile – avec ses odeurs, ses saveurs, son parler, mais aussi avec la famine, les superstitions et l’intolérance – un personnage à part entière, Simona Lo Iacono nous raconte une aventure passionnante, émouvante et pleine de courage, sur la première femme médecin jusqu’ici oubliée par l’Histoire.


Le dessillant (idéologique) du mois : Voyage tranquille au pays des horreurs

Ou comment des champions de la pensée peuvent s'égarer dans le labyrinthe idéologique. 1974. Cinq grands intellectuels français, "sympathisants", sont invités à la Chine de Mao. Avec la distance de l'humour, nous les suivons dans leur rocambolesque périple-mirage. Qui est aussi un avertissement.

Lu par : Pierre Biner
Durée : 4h. 52min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 80988
Résumé : Au printemps 1974, cinq grands intellectuels de Saint-Germain-des-Prés – Philippe Sollers, Julia Kristeva et Marcelin Pleynet, représentants de la revue Tel Quel, accompagnés de Roland Barthes et de l’éditeur François Wahl – décident d’effectuer un voyage en Chine. Tandis que Mao Tsé-toung mène une campagne massive contre son successeur pressenti, Lin Biao, et contre Confucius, le petit groupe arpente le pays avec curiosité, enthousiasme, voire fascination. Si certains, gênés par les excès de la propagande, montrent tout de même des signes de déception à cause d’une impression de fadeur générale, de l’absence visible de sexualité ou de la monotonie des paysages, la vision romantique du régime que ces amis partagent sidère aujourd’hui…En s’appuyant sur les témoignages que ces écrivains ont donnés de leur périple et sur d’autres sources, Jean Berthier relate précisément les trois semaines de leur séjour. Il restitue les visites guidées dans les villages, musées, écoles, usines, monuments à la gloire du peuple et de la « Révolution culturelle », leurs conversations privées et leurs pensées intimes, avec une ironie mordante. Une satire vive et réjouissante de l’aveuglement idéologique qui peut parfois s’emparer des esprits apparemment les plus éclairés.


Le dessillant (helvétique) du mois : Colon ne s’écrit pas au féminin

Dans ce poignant roman choral, à travers le regard de trois femmes, vous apprendrez tout sur les "Souissis" - ou comment des patriciens genevois ont envoyé des paysans (et paysannes) vaudois s'emparer des terres des fermiers algériens...en tout bien tout honneur, bien entendu. Un certain Henri Dunant était de la partie.

Durée : 6h. 24min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81000
Résumé : Au milieu du XIXe siècle, des banquiers genevois fondent une entreprise coloniale, la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif. La France veut alors peupler l’Algérie de colons européens et, du côté de l’arc lémanique, on décide d’en tirer profit. Lolvé Tillmanns s’empare de la fiction pour revisiter cette histoire méconnue à travers le regard de trois femmes: une épouse de banquier genevois, une paysanne vaudoise devenue colon et une adolescente algérienne qui voit les Souissis s’approprier ses terres. Elles disent les espoirs, les violences et les exactions de la Suisse coloniale.


Le gourmand du mois : Bocuse

Génie de la cuisine - et du business - Paul Bocuse est croqué (de ses origines à son acmé) dans ce livre qui se savoure comme une bonne petite soupe aux truffes.

Lu par : Bruno Delacoste
Durée : 7h. 48min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 80992
Résumé : Gautier Battistella nous plonge dans la fascinante histoire de Paul Bocuse, figure emblématique de la gastronomie française du xxe siècle. De ses racines familiales sur les rives de la Saône aux trois étoiles Michelin tant convoitées (il les conservera 53 ans, de 1965 à sa mort en 2018), ce roman biographique retrace le parcours d’un génie de la cuisine – et des affaires. Le livre s’ouvre sur les années de formation de « Paulo » dans le village de Collonges-au-Mont-d'Or, où la nature et les traditions d’une dynastie d’aubergistes ont façonné ses premiers souvenirs. S’ensuit son apprentissage dans les cuisines de la grande Eugénie Brazier puis du célèbre Fernand Point, dont la philosophie et la rigueur vont laisser sur lui une empreinte indélébile. Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le soldat Bocuse est grièvement blessé, l’esprit frondeur du jeune chef accompagne le réveil de la société française. De la Libération à la naissance du Concorde, c’est tout un siècle qui défile sous ses yeux et les nôtres. Création de ses plats signatures, amitiés indéfectibles avec Michel Guérard et les frères Troisgros, rivalités avec Gault et Millau, aventures féminines, rencontres avec Romain Gary ou encore Charles de Gaulle, ces décennies vont forger le mythe Bocuse. Paul comprend très tôt les ficelles de la communication et du capitalisme : il ne lui reste plus qu’à partir à la conquête du monde… Avec humour, tendresse et un sens aigu du détail, Bocuse révèle la complexité d’un homme traditionnel et révolutionnaire, bon vivant et perfectionniste, délicat et ogre à la fois. On y découvre les coulisses de la « Nouvelle Cuisine », l’invention du chef médiatique, les aventures de Paul Bocuse en Amérique et au Japon, ainsi que ses doutes et la difficile question de son héritage. L’histoire d’un chef légendaire qui a transformé un métier en art national


Voyager dans l'actu du mois : Une saison à Téhéran

Saveurs, rencontres, jardins, contraintes, générosité sans limites et surveillance omniprésente. L'autrice raconte l'amour d'un pays où elle a vécu en immersion, créé des liens, appris la langue...une vision de l'Iran - de son peuple - loin des clichés, lucide et somme toute rafraîchissante par les temps qui courent.

Lu par : Fabienne Franzi
Durée : 5h. 29min.
Genre littéraire : Voyage/exploration
Numéro du livre : 80999
Résumé : "C'est une histoire qui a commencé il y a exactement dix ans. Un coup de foudre, une collision avec un territoire qui a constitué un véritable événement dans mon existence. Après cette rencontre, je suis retournée plusieurs fois en Iran, puis j'y ai vécu, travaillé, aimé, souffert. L'Iran vit en moi comme une histoire d'amour tardive à laquelle rien ne me prédestinait. ? " L'Iran est souvent au coeur de l'actualité. Mais que sait-on vraiment de sa culture, de son histoire, du quotidien de ceux qui l'habitent ?? A rebours des clichés occidentaux, Lucie Azema raconte sans l'idéaliser son Iran intérieur, celui où elle a vécu plusieurs années ? ; celui du pain frais, du thé à toute heure, des sorbets à la rose et du riz au safran ? ; celui des chauffeurs de taxi, des étudiants, des marchands de fruits, de la jeunesse dorée, des amoureux, des poètes ? ; celui où se nouent des relations si profondes qu'on dit que deux compagnons "? partagent le même souffle ? ". Dans les rues de Téhéran, de Shiraz, d'Ispahan, elle nous fait découvrir la langue et la culture de ce pays aujourd'hui isolé, qui fut pourtant l'épicentre de la littérature, des arts et des sciences. Tous les voyageurs passent un jour, même en rêve, par la Perse. Ce récit lumineux, ode au dépaysement et à la rencontre, nous invite à les rejoindre


Prix Cino del Duca 2026

Déjà multi primé (dont le Prix Nobel en 2008) Jean-Marie Gustave Le Clézio est cette année le lauréat du Cino del Duca (prestigieux et bien doté financièrement) pour "la portée universelle de son œuvre ouverte au monde" selon le jury. Plusieurs de ses livres ont été enregistrés à la BSR, dont : 

Pour accéder à tous les titres de Le Clézio disponibles à la BSR, cliquez sur ce lien

Lu par : Françoise Golaz
Durée : 10h. 26min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 16618
Résumé : Pendant l'été 1943, dans un petit village de l'arrière-pays niçois transformé en ghetto par les occupants italiens, Esther découvre ce que peut signifier être juif en temps de guerre : adolescente jusqu'alors sereine, elle va connaître la peur, l'humiliation, la fuite à travers les montagnes, la mort de son père. Une fois la guerre terminée, Esther décide avec sa mère de rejoindre le jeune État d'Israël. Au cours du voyage, sur un bateau surpeuplé, secoué par les tempêtes, harcelé par les autorités, elle découvrira la force de la prière et de la religion. Mais la Terre promise ne lui apportera pas la paix. C'est en arrivant qu'elle fait la rencontre, fugitive et brûlante comme un rêve, de Nejma, qui quitte son pays avec les colonnes de Palestiniens en direction des camps de réfugiés. Esther et Nejma, la Juive et la Palestinienne, ne se rencontreront plus. Elles n'auront échangé qu'un regard et leurs noms. Mais, dans leurs exils respectifs, elles ne cesseront plus de penser l'une à l'autre...
Durée : 8h. 52min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 13528
Résumé : Nassima quitte sa mère, et, déguisée en garçon, s'embarque en cachette à bord du Azzar. D'instinct, cette petite métisse effarouchée et perdue apprivoise les deux occupants du bateau, des hommes rudes et silencieux. Bravito, jeune Indien, élevé à Panamá par un pasteur noir américain, retrouve son village natal au bord du fleuve. Là, il réapprend les gestes et les coutumes de ses ancêtres. Pourchassé par les contrebandiers et les policiers véreux, il se cache dans la forêt, où il vit comme un animal sauvage. Les deux courts romans (ou longues nouvelles), Hasard et Angoli Mala, sont écrits à quinze ans d'intervalle. Ils évoquent pourtant le même apprentissage, celui de l'amour, de la nature, du mal aussi. Lequel est le miroir de l'autre ?
Lu par : André Jol
Durée : 3h. 32min.
Genre littéraire : Essai/chronique/langage
Numéro du livre : 80985
Résumé : Dans ce récit lumineux, J. M. G. Le Clézio se penche sur trois figures mexicaines de son panthéon personnel : la poétesse soeur Juana Inés de la Cruz (1651-1695), génie méconnu et féministe avant l'heure ; l'écrivain Juan Rulfo (1917-1986), mythique auteur du roman Pedro Páramo et d'un seul recueil de nouvelles, véritable inventeur du réalisme magique ; et Luis González y González (1925-2003), historien de son village perché natal, qui est la première expression de ce qui deviendra plus tard la microhistoire. Par leur attachement à la terre, leur "mexicanité" instinctive et leur recherche d'authenticité dans l'écriture, Cruz, Rulfo et González illustrent des thèmes chers au plus mexicain des auteurs français.


Prix Cazes 2026

Prix "historique" - fondé par Marcellin Cazes en1935  - le prix Cazes récompense cette année Adèle Rosenfeld pour un roman où l'histoire et l'aventure côtoient l'intime. Le livre est publié chez Grasset.

Durée : 2h. 53min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 80993
Résumé : La Rhytine de Steller, plus connue sous le nom de « vache de mer », a été découverte en 1741 par le naturaliste allemand Georg Wilhelm Steller. C’est lors d’une expédition dans les eaux glacées du Pacifique nord qu’il rencontre ce gigantesque animal marin au destin tragique – puisqu’il s’éteindra définitivement 27 ans après son premier contact avec les hommes. À la fois roman d’aventure, épopée scientifique et plongée dans l’intimité d’un équipage échoué, L’extinction des vaches de mer nous entraîne dans la vie d'un grand explorateur lancé dans la bataille que se livrent les savants européens du XVIIIème siècle pour s’approprier de nouvelles terres et des espèces encore inconnues. Jusqu’à trouver ces vaches de mer devenues mythiques, dont la chair a le pouvoir de sauver les naufragés affamés, sa graisse de les réchauffer, et ses airs de sirène de les enivrer. Mais si la Rhythine de Steller a envahi l’imaginaire de la narratrice, de quoi cette obsession est-elle le nom ? Porté par une écriture poétique, sensorielle, L’extinction des vaches de mer interroge la possibilité de préserver ce qui menace de s’effacer : un animal, un grand-père, une langue, une histoire familiale. À travers la figure de Steller, scientifique hanté par la beauté et la fragilité du vivant, Adèle Rosenfeld propose une réflexion bouleversante sur la disparition, les douleurs silencieuses et le besoin de transmettre.


Grand Prix RTL LIRE 2026

20 libraires, 100 lecteurs, un jury exigeant : Michaël Dichter a été désigné vainqueur de l'édition 2026 du Grand Prix RTL LIRE. Son livre a été publié par la jeune et dynamique maison Les Léonides.

Durée : 9h. 39min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81003
Résumé : Anvers, années 1970. Le jeune Bennie Goodman est fasciné par les diamants. Déterminé à faire sa place dans ce monde, il gravit les échelons. Mais tous ne voient pas son ascension d'un bon oeil, à commencer par le puissant diamantaire Steinmer, le père de la fille dont Bennie est amoureux. [Grand Prix RTL LIRE 2026]


Thème : Jardins divers, jardins-univers

Paradis, refuge, rassurant ou inquiétant, dépositaire de nos joies et de nos angoisses, mystère et clarté. La nature y semble domptée, mais toujours sur le point de succomber à l'exubérance sauvage. Lieu de rencontre du banal et du magique, de la maladie et la guérison (jardin thaumaturge), de l'intime et de l'histoire. Des sens et du sens. Au cœur  du printemps, la saison propice, sept récits comme autant de fleurs d'encre et de son pour notre jardin littéraire.

Lu par : Didier Duployer
Durée : 6h. 20min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 75718
Résumé : Eve Sangarde mène une carrière brillante qui éblouit autant ses collègues que ses étudiants. Jusqu'à ce jour où apparaissent les premiers symptômes d'une étrange maladie contre laquelle la jeune femme perd très vite la partie. Bon gré mal gré, elle se laisse aider par sa mère et son amie Laura. Mais un grave accident provoqué par la faiblesse d'Eve va tout bouleverser. Incapable de supporter plus longtemps sa vie et la ville, Eve fuit et se confine dans la maison de sa grand-mère décédée, au coeur d'un Morvan blanchi par la neige. C'est en apprivoisant le jardin de son aïeule, au sortir de l'hiver, qu'elle parvient peu à peu à se retrouver, à comprendre et à accepter cette autre qu'elle est devenue.
Lu par : Bertrand Baumann
Durée : 1h. 56min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 68320
Résumé : Le narrateur, Français exilé au Japon, observe un jardin, celui de Madame Oda, qu’elle ouvre volontiers a` ceux qui s’y intéressent et à ses amis «artistes». Elle-même est entièrement tournée vers ce jardin qu’elle façonne un peu comme on élève un enfant, en lui donnant les impulsions nécessaires pour grandir, puis en lui faisant confiance. Tout est retenue et plaisir dans ce texte où l’on glisse (car il semble que l’écriture nous guide en douceur) dans l’atmosphe`re de ce jardin japonais et de ses occupants, où «sous des aspects parfois anecdotiques, parmi les plaisanteries et les rires, [...] nous parlions de choses essentielles. »
Lu par : Hervé Detrey
Durée : 17h. 35min.
Genre littéraire : Littérature fantastique
Numéro du livre : 72123
Résumé : A une époque indéterminée, un voyageur parcourt un monde mystérieux où, dans des domaines protégés par de vastes enceintes, les hommes cultivent des statues... Inlassablement, les jardiniers plantent, soignent et transplantent les pierres. S'ils acceptent de guider l'explorateur dans leur étrange contrée, lui disent-ils tout des règles de leur société ? A la fois récit d'aventures, conte initiatique et rêve éveillé, Les jardins statuaires fascine par son ampleur et évoque les oeuvres del R. R. Tolkien ou d'Ursula Le Guin. Tapuscrit égaré, malchances et incendies ont concouru pendant trente ans à l'occultation de ce roman sans équivalent dans les lettres françaises.
Lu par : Clélia Strambo
Durée : 11h. 11min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 31502
Résumé : Combien d'années s'est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Pourtant, si je ferme les yeux, Micol Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d'enceinte de son jardin, me regardant et me parlant. En 1929, elle n'était guère plus qu'une enfant, une fillette de treize ans maigre et blonde avec de grands yeux clairs, magnétiques. Et moi j'étais un jeune garçon en culotte courte, très bourgeois et très vaniteux, qu'un petit ennui scolaire suffisait à jeter dans le désespoir le plus puéril. Nous nous regardions fixement l'un l'autre. Au-dessus d'elle, le ciel était bleu et compact un ciel chaud et déjà estival, sans le moindre nuage ; Rien ne pourrait le changer, ce ciel, et rien, effectivement, ne l'a changé, du moins dans le souvenir.
Lu par : Ellen De Meester
Durée : 7h. 38min.
Genre littéraire : Littérature fantastique
Numéro du livre : 73599
Résumé : Toute chose projette une ombre, même notre monde... Toute petite, Olivia Prior a été déposée sur les marches de l'orphelinat où elle vit désormais. Incapable de parler, elle n'en sait pas moins se faire respecter des autres pensionnaires. De sa mère, il ne lui reste plus qu'un journal intime relié de cuir, plein de dessins étranges et marqué par la folie, dont les derniers mots sont : " Tu seras à l'abri tant que tu ne t'approcheras pas de Gallant. " Mais la jeune fille ne rêve que d'une chose : avoir, un jour, une famille. Alors, quand elle apprend que son oncle l'a enfin retrouvée et l'invite à venir vivre dans le domaine familial de Gallant, Olivia n'hésite pas une seule seconde. Sur place, elle ne trouve que deux domestiques et un cousin, Matthew - qui, de toute évidence, ne veut pas d'elle. Elle découvre surtout que son oncle est mort et enterré depuis plusieurs mois déjà... Elle remarque enfin que tous les habitants du manoir semblent éviter comme la peste le mur qui s'élève derrière la propriété, au milieu d'une nature luxuriante. Quel mal se dresse là, au fond de ce jardin niché au bout du monde ? Qu'est-il vraiment arrivé à la mère d'Olivia, toutes ces années plus tôt ? Après avoir scénarisé et co-produit pour Netflix la série First Kill, inspirée d'une de ses nouvelles, l'autrice prodige V. E. Schwab met sa plume fascinante et son talent inimitable de l'intrigue au service d'un conte gothique à la fois glaçant et suprêmement émouvant. Les lecteurs de Neil Gaiman se plongeront avec délices dans cet ouvrage tissé d'ombre et de mystères, le nouveau petit miracle de l'autrice de La Vie invisible d'Addie Larue.
Lu par : Denise von Arx
Durée : 5h. 7min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 15739
Résumé : Jeanne, la soixantaine, prend au petit matin un train dans une gare de campagne pour aller en ville signer un papier important. Elle voyage dans le compartiment désert qui traverse un paysage occupé par les brouillards. Le trajet se mue peu à peu en voyage intérieur : souvenirs proches et lointains se mêlent, images fortes et émotions terribles. Ce voyage fait se lever, par bribes, le souvenir d'un autre, tragique, que Jeanne a trop longtemps occulté. Cette vieille fille, dont le seul plaisir est de cultiver les espèces rares dans son jardin, s'appelle en fait Judith. Originaire d'une riche famille juive d'Europe de l'Est, elle a échappé in extremis à l'extermination. Par le biais de réseaux de résistance, elle est parvenue dans le sud de la France et fut confiée en 1944, à l'âge de trois ans, à une famille paysanne, les Faure. Adoptée, Jeanne a ainsi grandi sans que rien de son histoire ne soit d'abord connu. I
Lu par : Lisette Vogel
Durée : 7h. 23min.
Genre littéraire : Essai/chronique/langage
Numéro du livre : 66082
Résumé : «Cela, le jardin ne le sait pas. De but en blanc, tous les soins cesseront. La nature redeviendra l’unique force en présence, le dialogue entre l’homme et le paysage, exprimé dans le jardin, cet art éphémère entre tous, s’interrompra.» Une passion, un chef-d’œuvre, un jardin en Toscane. Pia Pera y a consacré son temps et son amour. Mais une maladie incurable l’emporte à petit feu et ses forces la quittent. Face à la dégradation de son corps, contrainte peu à peu à l’immobilité d’une plante, le jardin – ce lieu où se manifeste la vie et où se succèdent les «résurrections» – devient son havre de paix et son ultime refuge. En le contemplant, elle tisse un nouveau lien avec la nature et offre une réflexion sensible et émouvante face à la mort.


Ephéméride : Roberto Bolaño (1953-2003)

Le 28 avril 1953 naît, à Santiago du Chili, le romancier, poète et critique littéraire Roberto Bolaño. Une vie d'errance et de "bohème" (y compris un passage par la case prison dans les geôles de Pinochet) n'ont pas empêché cet "enfant terrible" de la littérature latinoaméricaine de produire une œuvre monumentale, inclassable, extrêmement inventive, parmi les plus importantes du continent. Exilé en Espagne, où il fonda une famille, Bolaño meurt à Barcelone en juillet 2003, d'une insuffisance hépatique. Il avait 50 ans.

Durée : 3h. 59min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 80301
Résumé : Allongé sur son lit, le père Ibacache traverse une nuit d'agonie qui pourrait bien être sa dernière en ce monde. La sueur, la fièvre et la maladie le consument lentement, tandis qu'un flot de souvenirs le submerge. Il revit son passé tumultueux, ses cours de marxisme donnés à Pinochet, ses soirées chez María Canales dont le mari torturait des opposants au régime. Dans ce roman d'une grande intensité poétique, Roberto Bolano retrace un demi-siècle d'histoire chilienne, marqué par le silence, la violence et la terreur politique.
Lu par : Cécile Guérin
Durée : 25h. 56min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 30584
Résumé : Le jeune Juan García Madero abandonne ses études de droit pour déambuler dans les bas-fonds de Mexico. Avant de partir, moderne Don Quichotte, en compagnie de la prostituée Lupe, en quête de Cesárea Tinajero, poétesse mythique dont la trace se perd dans le désert... La littérature et la vie sont-elles deux choses différentes ? Ce roman polyphonique, d'une richesse et d'une drôlerie rares, marque le début d'une nouvelle ère dans la littérature latino-américaine. La critique internationale l'a comparé aux grandes oeuvres de Cortázar, de Borges et de Kerouac. De Barcelone à Paris, d'Israël à la Californie, Roberto Bolano nous offre l'épopée lyrique, tragi-comique, d'hommes en quête de la vraie vie, " le voyage infini de gens qui furent jeunes et désespérés mais ne s'ennuyèrent jamais" (Enrique Vila-Matas).
Durée : 4h. 32min.
Genre littéraire : Nouvelle
Numéro du livre : 80300
Résumé : L'univers inquiétant et fantaisiste de ces cinq nouvelles est du meilleur Bolaño. Des lapins sauvages et féroces investissent la pampa ; des rats s'entretuent ; des poètes tristes errent dans la nuit tandis qu'un écrivain argentin plagié se rend à Paris sur les traces du coupable, qui est aussi son meilleur lecteur. Dans cet univers entre onirisme, humour noir et violence latente, des doubles et des triples de l'auteur se combattent dans des jeux de miroirs déformés. Figurent aussi deux conférences où Bolano parle de lui, de sa mort, de son amour violent de la littérature et de la vie.


Corrigendum

Un lapsus poétique s'est glissé dans l'éphéméride de mars : "Lecteur paisible et bucolique..." est bien de Baudelaire (Épigraphe pour un livre condamné), et non de Verlaine. A croire que le "rusé doyen" a fait des siennes. Rendons donc à Charles ce qui est à Charles, et à Paul ce qui est à Paul (qui, dans un poème dédié au premier, disait "Je me chargerais mal de ton nom diffamé"...).

Sèves

Elle monte, la sève de tout ce qui vit, à l'approche de mai. Chères auditrices et lectrices, chers auditeurs et lecteurs. Puissent les jours qui s'allongent, délestés de ce qui alourdit, être dispensateurs de vitalité et d'harmonie - que Maïa danse avec Eiréné, joie suprême de la paix. Que le texte soit l'écrin de la voix  - et vice-versa - pour notre plus grand plaisir.