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La lettre d'août : qui sort, qui rentre, qui demeure?

"Les livres peuvent se diviser en deux groupes : les livres du moment et les livres de toujours"
 John Ruskin

"Août mûrit, septembre vendange, en ces deux mois tout bien s'arrange " 
 Dicton du 31 août

Existe-il le prodigieux parchemin où sont consignés d'avance les noms de la postérité? Qui sait si ce "primo-romancier" (épithète où la bienveillance côtoie la condescendance) ne sera le grand de demain? Si cet auteur dont on se dispute aujourd'hui le regard ne laissera qu'une trace d'encre évanescente d'ici cinquante ans? Mais qu'importe la transcendance hasardeuse, les réputations bâties sur le sable ou le marbre. Le plaisir de la lecture est une affaire d'instant, un instant qui dilate le temps, une affaire de mots qui nous parlent. Et cela vaut aussi pour la relecture.
Bienvenue à la Rentrée littéraire!

Le polar helvétique - et ferroviaire - du mois : Imperium

Usagers du rail en Suisse (et en particulier à Neuchâtel) soyez sur vos gardes! Que pourra le duo de choc  - l'inspecteur Auer et le procureur Jemsen - contre cette tentaculaire entité criminelle qui infiltre les CFF? Le dernier coup de Feuz et Voltenauer - fraîchement sorti, déjà disponible à la BSR. La rentrée y va bon train!

Lu par : Xavier Clément
Durée : 11h. 53min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 82191
Résumé : Un homme meurt sous un quai, happé par un train en gare de Neuchâtel. Derrière l’apparence d’un accident, une ombre surgit?: organisée, méthodique, implacable. Une violente altercation dans le tunnel du Gothard. Le procureur Jemsen (héros récurrent de Nicolas Feuz) et l'inspecteur Auer (héros récurrent de Marc Voltenauer) au cœur d'un empire criminel d'une ampleur insoupçonnée. Derrière ces faits divers se cache Imperium, une organisation structurée comme un État, infiltrée au sein des CFF, qui fait circuler à travers toute la Suisse un produit stupéfiant d'une violence inédite — le Crackmeth. Ses ramifications s'étendent jusqu'aux Ports-Francs de Genève et aux cercles opaques du marché de l'art. Chaque pas en avant des enquêteurs déclenche une riposte. Des témoins disparaissent. Des preuves s'évaporent. Et dans l'ombre, une exécutrice surnommée Le Faucon veille à ce que l'Empire reste intouchable. Un thriller haletant où la frontière entre serviteurs de l'État et serviteurs de l'Empire s'avère plus poreuse qu'on imagine. Quand le rail devient une arme, c’est tout un pays qui bascule dans la chasse aux vérités interdites.


L'historique (avec amour) du mois : Eugénie sous les bombes

Transmission, fidélité, convictions à toute épreuve. Bel hommage de l'autrice à son aïeul, qui défia les aléas et la violence de l'histoire pour tenter de sauver son épouse, Eugénie, en ce début mouvementé du 20e siècle.

Durée : 7h. 8min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81514
Résumé : Eugénie sous les bombes raconte les destins de deux gamins de la campagne vosgienne, à l'orée du 20è siècle. Ils vont se rencontrer tardivement. Tous deux sont pris entre leurs désirs d'ascension sociale et leur attachement à la terre, entre leur foi en l'innovation et leur spiritualité déroutante. Quand la guerre éclate, la santé d'Eugénie s'altère gravement. Le couple s'embarque alors dans une folle entreprise pour sauver Eugénie. En mars 1918, sous les bombardements des Gotha, Charles se lance à Paris comme Orphée aux Enfers...Un siècle plus tard, Anne Percin hérite d'un cahier tenu par son arrière-grand-père. Elle n'a jamais entendu parler de lui. Fascinée par ce qu'elle découvre, elle ouvre l'enquête.


L'évidence dans l'actu du mois : La solitude des professeurs est infinie

La vocation d'enseigner, cette flamme à la fois humble et sacrée, pourra tout vaincre? Un jeune professeur-poète affronte la dure réalité de l'éducation nationale en France, et tente de la sublimer. En cette période de double rentrée, scolaire et littéraire, un beau roman pour réfléchir.

Durée : 7h. 18min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81525
Résumé : Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un Tennis-Club à Deuilla-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l’École en même temps que sa beauté. Mais Jean est aussi un poète ivre d’aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au cœur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d’un lac, lors d’évasions à Pompéi et Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d’un cours réussi. Avec une écriture somptueuse, qui atteint l’équilibre entre réalité politique et mystère existentiel, Yannick Haenel nous offre un grand roman sur la condition des enseignants


L'incandescence du mois : J'irai jusqu'au rivage du soleil

Libre, sensible, passionnée. Comme sa poésie. Laissez-vous porter par la beauté des vers de cette grande poétesse iranienne qui défendit son droit de s'affirmer, et d'aimer, en toute circonstance.

Durée : 8h. 15min.
Genre littéraire : Poésie
Numéro du livre : 81504
Résumé : Forough Farrokhzâd (1935-1967), née et morte à Téhéran, est assurément une icône non seulement de la poésie iranienne du XXe siècle mais tout autant de la cause de l'émancipation féminine dont sa vie, libre et tourmentée, objet de scandale dans son pays, est comme un manifeste. Sa poésie est un chant d'amour intensément libre, porté par un lyrisme charnel puissant et nourri par ailleurs de la grande poésie persane classique.


Le classique précoce du mois : Réponse du silence

Alpes suisses. Une  ascension périlleuse mais une écriture maîtrisée en ce roman de jeunesse où le grand Max Frish nous montre déjà l'étendue de son talent.

Lu par : Gérald Bloch
Durée : 2h. 31min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81484
Résumé : Quelque part en Suisse, dans une auberge de montagne, arrive un homme habité par une obsession : gravir la crête nord, fascinant sommet dont l’ascension est redoutablement périlleuse en cette saison. Mais l’homme est déterminé à s’élancer coûte que coûte vers une aventure totale qui promet de le tirer des tièdes compromis de l’âge adulte. Comment se résoudre en effet à vivre en sourdine la même existence que tant d’autres, alors qu’il faudrait accomplir quelque chose de grandiose et d’entier, une fois pour toutes, quitte à en mourir ? Datant de 1937, Réponse du silence dévoile un drame existentiel à ciel ouvert, où le vertige du danger côtoie l’éblouissement devant la beauté de la nature. En ouverture de ce bijou littéraire enfin traduit en français et qui révèle un jeune Max Frisch méconnu, Erri De Luca offre une préface solaire à cette histoire de passion en haute montagne.


Le classique tardif du mois : Le mirage

Une veuve de cinquante ans redécouvre l'amour  - et le plaisir charnel - avec un jeune homme de vingt-quatre ans. Relation complexe mère-fille, intimité féminine, maladie : rien n'échappe au regard affûté d'un auteur qui n'a plus rien à prouver et qui, presque à la fin de sa vie, garde la main - et les mots.

Lu par : Clélia Strambo
Durée : 3h. 25min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81527
Résumé : Ce court roman tardif publié par le prix Nobel allemand met en scène Rosalie von Tümmler, veuve et mère de grands enfants, qui subit les premiers tourments de la maturité et le déclin de sa grâce. L’irruption d’un jeune Américain, précepteur de son fils, va la bouleverser : en proie aux troubles et à un désir qu’elle ne parvient plus à masquer, soutenue par sa fille, artiste et intellectuelle, elle va accepter de ne plus lutter et de s’abandonner au sentiment amoureux. Jouissant soudain du renouveau de sa féminité qu’elle attribue à une nature bienveillante, se sentant comme miraculée avec ce bonheur de redevenir un être complet, il va lui falloir in fine affronter l’ironie qui attendait son heure. À la fois grave et lumineux, ce texte ardent offre un sublime portrait de femme.


Prix Méduse 2026

Marquant le début de la rentrée littéraire, le prix Méduse récompense cette année l'écrivain d'origine haïtienne, résidant au Canada, Thélyson Orélien.  Son roman, dont on n'a pas fini de parler, nous envoûte par le rythme et le langage. La BSR en fera une lecture à Morges, en sa présence (voir programme plus bas).

Lu par : Xavier Clément
Durée : 6h. 29min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81507
Résumé : Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l’année 2026. En cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, C’était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l’Odyssée de Jonas Dorléon. Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Avec la trajectoire de Jonas, c’est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu’universel, ce roman raconte les migrations au présent — non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l’horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d’humour et de poésie, une langue d’exil qui s’apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ». Porté par un souffle narratif irrésistible, C’était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps. [Prix Méduse 2026]


Grand Prix du Pays du Mont-Blanc 2026

Dealers hélvétiques, une "poudreuse" sur laquelle on skie avec le nez, réflexion sociétale, qualité de l'écriture. Une distinction méritée, dans le cadre du Festival du livre de montagne, pour la talentuese autrice helvétique Emmanuelle Robert.

Lu par : Myriam Romano
Durée : 10h. 4min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 79884
Résumé : Qui n’a pas rêvé de tout plaquer pour repartir de zéro ? Le 11 novembre 1985, la police fribourgeoise démantèle un laboratoire d’héroïne aux Paccots, révélant la plus grosse saisie de drogue jamais réalisée en Suisse. Trente-huit ans après, ce roman imagine le destin des « petites mains » de cette affaire. Les femmes fatales ont l’âge d’être grand-mères, les vieux gangsters sont fatigués. Cependant, un jeune homme un peu perdu va raviver, malgré lui, d’anciennes blessures. Alexandre assiste par hasard au meurtre d’un dealer sur la place de la Gare, à Vevey. Paniqué à l’idée d’être soupçonné, il prend la fuite. Il est recueilli par une vieille dame du quartier puis dans un chalet de montagne. Pour se protéger, il doit se déconnecter de l’intelligence artificielle qui le fascine. Toutes et tous ont en commun de chercher leur place dans un monde incertain, avec la soif de vivre chevillée au corps.


Prix du livre de la Ville de Lausanne, 13e édition, les finalistes

Découvrez la vitalité de la littérature suisse romande à travers trois autrices et  deux auteurs, cinq riches univers qui vous feront voyager, vous identifier (ou pas) réfléchir ou vous indigner. Des rencontres sont prévues avec chacun des candidats. Mais pour commencer, lisez ou écoutez leurs livres!

Si vous souhaitez voter pour votre préféré (où que vous habitiez), le lien vers le formulaire de vote est par ici. Vous pouvez le faire jusqu'au 31 décembre 2026.

Lu par : Clive Loertscher
Durée : 6h. 32min.
Genre littéraire : Science-fiction
Numéro du livre : 81058
Résumé : Pendant les Troubles, Henri s’était réfugié dans un bunker des Alpes suisses avec sa femme enceinte. En 2075, le voilà contraint de sortir, pour explorer un monde qu’il croit dévasté. Pourtant, entre béton et forêts, la vie a repris le dessus. À la fois roman d’anticipation et aventure métaphysique, Donutopia propose un cocktail jouissif et émouvant.
Durée : 6h. 27min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81506
Résumé : Le légendaire écrivain Christian Monnay s’est éteint, laissant derrière lui trente ans de silence et une pile de manuscrits inédits. Pour sa veuve aveugle, ils sont la promesse d’une ultime rencontre avec le génie de son mari. Mais en ouvrant ces manuscrits, leur fille Chloé est atterrée. Ils sont vides ! Pour éviter de briser le cœur de sa mère, elle commet l’irréparable : elle lui lit son propre roman, celui qu’elle écrit en secret, en le faisant passer pour celui du grand homme. Le piège se referme lorsque l’œuvre, jugée magistrale, est publiée. Chloé devient alors le fantôme de son propre talent, dépossédée de son identité et de son œuvre. Est-elle condamnée à rester à jamais la « fille de » ? Dans ce premier roman à l’intrigue tendue, Anne Pitteloud fait le récit saisissant d’un héritage toxique. Réflexion sur la création et le poids de l’imposture, Fille de est l’histoire poignante d’une femme en quête de sa propre voix.
Lu par : Antoine Martin
Durée : 3h. 15min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81218
Résumé : Le sel de la vie de Simon, c’est l’amitié: avec son alter ego Sebastião, avec Amandine, Olimpia ou Marco, avec le lac qui dessine son horizon, le vieux hêtre du quartier ou un verre d’eau pétillante. Sans enfants, divorcé depuis peu, il puise dans ces liens l’unique sens à un quotidien saturé d’écrans. Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus éluder la question: que fait-il de sa vie? Est-ce que l’inutile peut être un métier? Une rencontre prend Simon par surprise: celle de la danse. À travers elle, il découvre un territoire vaste, nouveau, à portée de main dans le «dedans des choses», comme le reflet d’un héron sur un étang gelé. D’une vivacité jubilatoire, ce roman attentif à l’infime évoque un renouvellement de soi, les pieds sur terre. Sa langue donne voix à une mystérieuse présence amie, farouche et dense dans le monde, qui nous invite à en prendre soin
Durée : 3h.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81492
Résumé : Dans les tours de béton aux confins de la ville, Virginia et un jeune homme aux mystérieuses taches bleues forment une alliance improbable, parcourant les couloirs d'un établissement pour personnes âgées afin de soigner les corps abandonnés par le système. Dans leur sillage, les rumeurs se propagent, mais un jour le jeune homme prend la décision du départ
Durée : 6h. 24min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81000
Résumé : Au milieu du XIXe siècle, des banquiers genevois fondent une entreprise coloniale, la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif. La France veut alors peupler l’Algérie de colons européens et, du côté de l’arc lémanique, on décide d’en tirer profit. Lolvé Tillmanns s’empare de la fiction pour revisiter cette histoire méconnue à travers le regard de trois femmes: une épouse de banquier genevois, une paysanne vaudoise devenue colon et une adolescente algérienne qui voit les Souissis s’approprier ses terres. Elles disent les espoirs, les violences et les exactions de la Suisse coloniale.


Prix du polar romand 2026, les finalistes

Cinq manières d'aborder le genre policier, cinq styles, cinq enquêtes fleurant bon le terroir romand. Le 25 septembre nous découvrions le livre vainqueur...Puet-être le choix du jury coïncidera avec le vôtre?

Lu par : Marianne Pernet
Durée : 11h. 45min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80595
Résumé : Villeneuve, été 1933. Concetta et son frère Alfredo, enfants d’immigrés italiens, sont harcelés par leurs camarades d’école, jusqu’au drame qui changera le cours de leur vie. Villeneuve, été 2016. Le corps d’une vieille dame presque centenaire est retrouvé au bas des escaliers de son domicile, une curieuse note à consonance prophétique serrée dans la main. Les inspecteurs Natacha Laverrière et Samuel Roth se retrouvent propulsés au cœur d’un mystère qui prend ses racines dans le passé de la Riviera vaudoise. Ils se heurteront à la complexité des secrets de famille et des liens du sang, une confrontation dont personne ne sortira indemne. Comment lâcher prise, lorsque le cœur est dévoré par la haine ? Comment continuer à vivre, quand on sait que la nuit viendra ?
Durée : 8h. 45min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 79837
Résumé : Quand David tombe sous le charme d’Angelika, il est loin d’imaginer jusqu’où cet enchantement va l’entraîner. Un destin cruel a provoqué la rencontre entre ce jeune photographe et la belle étudiante. Peu à peu, il va découvrir les lourds secrets qui voilent les longs yeux gris de son amie. Leur amour va devoir absorber l’infect bouillon des larmes de la mémoire. Il s’ensuivra, chez ce couple, une quête éperdue de vérité sur les non-dits de leurs familles respectives. Cette obsession les conduira de la passion aux confins de la folie. Pour se libérer des ombres qui éclipsent leur bonheur, David va partir en Égypte, à la recherche de cet ancêtre d’Angelika qui a fui après la Deuxième Guerre mondiale.Mais exhumer les fantômes du passé est un jeu de piste dangereux. Parfois, leur vengeance dépasse l’entendement.
Durée : 4h. 38min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 80082
Résumé : Jocelyn Mervelet est un flic par défaut, qui s’occupe desstatistiques judiciaires en traînant sur Internet. Le bleu ne se passionne pas pour son travail et se contente de paperasse. Mais plongé devant une série d’assassinats que rien ne relie, sinon qu’ils se produisent le week-end, le voilà persuadé d’être face à un tueur en série. Reste à le prouver.
Lu par : André Cortessis
Durée : 2h. 47min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 82185
Résumé : Qui veut tuer Pierre Larpipon ? Entrepreneur florissant, il tente durant une nuit entière d’échapper à des poursuivants dont il ignore l’identité et les motivations. L’occasion de revisiter tant son passé de jeune délinquant que son présent de quinquagénaire revenu de tout, désenchanté et se demandant jusqu’où et jusqu’à quand il est possible de fuir.
Lu par : Carole De Poix
Durée : 6h. 7min.
Genre littéraire : Policier/épouvante
Numéro du livre : 81438
Résumé : Un matin d'hiver, le corps d'une jeune fille est retrouvé sur le bord de la route. L'assassin a remplacé son coeur par une pierre. L'inspecteur Nathan Redlink et son équipe mènent l'enquête auprès des habitants du village qui, derrière les tabous, dissimulent de lourds secrets. Au cours de leurs investigations, les policiers sont confrontés au mystère d'une malédiction


Frais de la rentrée : Helvétie

La littérature suisse voit grand en cette rentrée littéraire. Exploration des origines, recréation vivante de l'histoire nationale, immersion aussi bien dans les noirceurs que dans le clair-obscur parfois grinçant du quotidien (le sien et celui de ceux qui, sous des cieux moins cléments, tentent de survivre). Styles et niveaux d'intensité divers, mais toujours avec talent.

Lu par : Brigitte Cottens
Durée : 6h.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81501
Résumé : Dans le hameau alpin de Strega, à la frontière de la France et de la Suisse, la vie est rude et âcre, loin des regards de la plaine, loin de Dieu et des Saints. Perché au fond de la vallée, Strega est « comme une immense famille qui ne se veut pas toujours du bien ». Tous se connaissent, se craignent et s’accordent sur les secrets. Tous savaient pour les origines honteuses de Mimi, pour la vie insolite menée à la Goulée auprès de deux célibataires, pour ces enfants qu’elle a élevée et qui sont partis, qui ont terrorisés la vallée. Tous savaient qu’elle habitait encore là, recluse et laissée à l’abandon avec ses chiens et les bêtes sauvages… Mais tout cela, c'était avant le passage de la tempête du siècle. Avant qu'une équipe de sauvetage ne découvre son cadavre en décomposition, depuis longtemps abandonné. Entre fresque familiale et roman alpin, La peine haute narre la trajectoire d’une femme honnie et oubliée de tous. Le roman déploie une langue et une narration hypnotique. Mélangeant la voix d’une récitante et les litanies d’argot d’une communauté qui sait masquer ses violences, Simona Brunel-Ferrarelli signe un roman d’une grande intensité. Dans les pas d’une Corinna Bille, d’un Oscar Peer ou d’un Erri de Luca, Simona Brunel-Ferrarelli livre à nouveau un récit social et psychologique, une lente progression dans l’effacement.
Durée : 2h. 2min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81510
Résumé : Interrogeant la mémoire de sa famille et ses souvenirs d’enfance, Isabelle Cornaz tisse l’histoire de Palamós, lumineuse petite ville portuaire qui étend ses toits-terrasses face à la mer, au nord de Barcelone. Sa mère y a grandi avant d’émigrer en Suisse et la narratrice s’y rend chaque année pendant les vacances. Elle arpente ce territoire qu’elle connaît intimement, entretenant un rapport équivoque avec ce lieu, d’où elle vient sans y avoir vécu. Tournant le dos à la mer, l’autrice raconte les histoires individuelles qui disent la guerre civile, le franquisme, le développement programmatique du tourisme… Entre un soleil accablant et une mer menaçante, elle compose une voix, pour que les silences hérités peu à peu se dissolvent.
Durée : 4h. 11min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 82190
Résumé : Au dernier jour d’un festival de littérature à Beyrouth, Elisa Shua Dusapin descend au Sud Liban. Elle ne sait pas ce qui se passe de l’autre côté de la frontière en Israël, c’est tôt le matin, le 7 octobre 2023. Quelques mois plus tard, après son retour en Europe, un pressentiment la pousse à retourner d’urgence au Proche-Orient. Elle commence par poser ses valises à Amman en Jordanie. Elle ne connait ni la ville, ni sa culture. La jeune femme apprend l’arabe, s’initie à la plomberie avec des Jordaniennes, se rapproche de réfugiés syriens, partage de furtives confidences avec des Palestiniens et des Israéliens. Une sorte de secret se dévoile dans les silences et grâce aux gestes. Comme si c’était en compagnie des gens, et non à leur propos, qu’Elisa Shua Dusapin écrivait ce texte lumineux et grave, échappant à tout manichéisme et qui pose un regard inédit sur cette région et sur la violence.
Durée : 11h. 28min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81517
Résumé : Alors qu’ils ont la chance d’être nés à la fin de la Seconde Guerre presque mondiale dans un pays neutre, Wolfgang, Fabio et Max trouveront-ils la force de s’arracher à la pensée de leurs pères ? Très tôt, depuis leurs éducations respectives, les trois amis prennent conscience du mensonge, des inégalités et de la violence de classe. Devenus adultes, ils sont témoins du Vietnam, de Mai 68, du 11-Septembre, du Japon irradié, des Printemps arabes… Ils expérimentent l’amour libre, les nouveaux modèles de paternité, le sexe avec et sans virus et refusent de laisser leur petit pays abriter ceux qui produisent un ordre économique injuste. Ils préparent le grand chambardement. À l’envers de la Suisse des traders, des glaciers sublimes, du consensus démocratique et des lamentations de Fritz Zorn, il existe la Suisse des autonomes plus ou moins violents. C’est celle que racontent ces trois Helvètes underground qui, depuis les neiges de Davos jusqu’aux occupations sauvages d’aujourd’hui, défient les compromis politiques, les banques et les amours bourgeoises.
Lu par : Joëlle Loretan
Durée : 4h.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 82188
Résumé : Béa vient d’accoucher de son deuxième enfant. Elle trouve du réconfort dans les centres commerciaux, se rase le crâne, s’inquiète à propos de tout, punit trop vite son aîné de quatre ans. Le ménage l’obnubile jusqu’à nettoyer en cachette. Sa pensée se disperse. Les consignes qu’elle se donne à elle-même n’en finissent pas, répondre à cette invitation, repriser les coudes du pull en laine, payer les factures. Ça ne s’arrête jamais, même quand, enfin seule, elle accumule ses longueurs de bassin à la piscine municipale. Les brèches sont rares. Mais il suffit que la montagne de linge se mette à respirer comme une baleine, qu’un nuage noir la captive ou qu’elle trouve la bonne phrase pour le roman qu’elle traduit, alors, la voici ramenée à elle-même. En alternant les points de vue, Anne-Sophie Subilia subjugue. Du couple fragilisé par la maternité à l’émerveillement devant l’enfance, cette mise sous tension poétique de la vie ordinaire est haletante.


Frais de la rentrée : la grande Francophonie

De l'île Maurice à la Jamaïque, de la Roumanie à la Belgique : puissance de la langue, générosité de l'imagination, exploration du passé, du présent et de l'avenir en cette rentrée littéraire francophone où il y en aura pour tous les goûts, pour toutes les sensibilités. Outre des titres mentionnés plus haut, en voici neuf fraîchement parus et déjà enregistrés qui vous feront voyager - dans le temps et dans l'espace.

Lu par : André Cortessis
Durée : 11h. 11min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81528
Résumé : Au Bouchon, petit village isolé de l’île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l’esclavage. La violence se mêle à l’amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres…Les cinq fondateurs viennent d’une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d’une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d’une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s’être liés d’amour et d’amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu’ils défendent d’un seul corps, puisqu’ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l’histoire de l’humanité se reproduit dans l’infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l’oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d’un Royaume perdu est le chef d’œuvre d’Ananda Devi.
Durée : 5h. 8min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81518
Résumé : Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s’éprend d’Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s’est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.
Lu par : Francine Crettaz
Durée : 4h. 43min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81511
Résumé : Waldo accepte à contrecœur de se rendre à la fête que sa mère, autrice à succès, organise sur la presqu'île. Six cents hectares de liberté, les dunes sous le vent, les criques désertes... Chaque été depuis l'enfance, Waldo et son frère Adam retrouvaient là les sœurs Wilberforce : Annabel, la cheffe de bande, et Olivia, plus secrète. Entre eux, ils s'appelaient les " jumeaux cosmiques ". Mais l'adolescence est venue à bout de leur bonheur. Dix ans ont passé. À la nuit tombée, la fête se transforme en un théâtre de révélations, où chacun doit regarder en face ce qu'il a fait, ignoré ou tu. La Dernière des Wilberforce est un roman tempétueux et fascinant sur les amours perdues, la maternité, la violence, la responsabilité, le besoin de réparation et le désir de liberté.
Durée : 7h. 56min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81515
Résumé : Décembre 1950. Deux frères à peine sortis de l’adolescence tentent de fuir la Roumanie soviétique. Ils sont arrêtés, emprisonnés et très vite séparés. Décembre 1989. Alors que le peuple roumain vient de démettre et d’exécuter son Conducator, Horatio, réfugié en Bretagne depuis trente-sept ans, saute dans sa voiture, direction Bucarest : il espère retrouver la trace de son cadet. Au fil de sa traversée de l’Europe, les souvenirs affluent, de la captivité à la solidarité, de la torture à la reconstruction. Qu’est devenu son frère, resté dans un pays où le projet politique passait par la déshumanisation ? Un roman magistral, sensible et puissant, qui ausculte le lien fraternel et explore les effets de la tyrannie sur le collectif et l’individu.
Lu par : Serge Cantero
Durée : 3h. 37min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81508
Résumé : Naples, 1974. Andrea, passionné d'art, inaugure sa première galerie. Il a fait venir une jeune artiste de vingt-sept ans, Marina Abramovic, qui l'avait stupéfait lors d'une performance à Belgrade. Marina utilise son corps et sa volonté pour pousser chacun dans ses retranchements. Elle est capable de tout. Ce qu'elle va proposer ce soir est inédit. Aucun des invités ne sait ce qui l'attend. Six heures, enfermés, six longues heures, une table avec des objets, allant de la plume au revolver, et une liberté totale d'interagir avec l'artiste. Elle assume l'entière responsabilité de ce qui adviendra. L'incompréhension cède la place à l'impatience, l'amusement à l'agacement, jusqu'à l'inévitable violence. Tous deviennent les témoins de leur propre bestialité. Et abandonnent une part d'eux-mêmes dans cette salle.
Lu par : Fabienne Franzi
Durée : 5h. 9min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81512
Résumé : Janvier 1910. C’est la crue du siècle. Alors que les eaux envahissent cet asile d’aliénées du département de la Seine, deux femmes se dirigent vers les grilles laissées ouvertes dans la confusion. L’une tient encore dans la main une liasse de pages arrachées. Dehors, la rue inondée appelle et effraie. Explorant les manières de couver les feux, Des idées d’incendie retrace d’une langue fiévreuse la destinée d’une paysanne que sa condition n’a pas réussi à brider. Sa bonté, son silence qui répare, ses abeilles tant aimées, sa faim de liberté font de Paulie une héroïne qu’il est impossible d’oublier.
Lu par : Madiana Roy
Durée : 10h. 19min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81513
Résumé : Quand, à dix-sept ans, Carrie tombe enceinte, les Dobbs, qui l’hébergent depuis son enfance et la traitent en domestique, veulent se débarrasser d’elle. Or, en 1923 à Charlottesville (Virginie), il est aisé d’écarter une jeune femme pauvre et isolée, et même d’abolir son avenir. En complément de l’histoire de Carrie Buck, devenue à son corps défendant un cas d’école, Marouane Essadek raconte comment, au début du XXe siècle, quelques hommes ont mené ou encouragé des recherches scientifiques ouvrant la voie à des lois eugénistes votées aux États-Unis. Maniant aussi bien l’empathie pour l’une que l’ironie pour les autres, il dénonce les indignités dont peut se rendre coupable une nation persuadée de sa valeur supérieure et éclaire la fascination de nos sociétés pour la performance et la puissance.
Lu par : Damien Witecka
Durée : 12h. 11min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 81522
Résumé : À cause d’un stupide quiproquo, Dany, fils et petit-fils de forains, se retrouve un jour abandonné par sa communauté. Grâce à cette mésaventure originelle, il atterrit chez Lucy et son compagnon, Hector, un braqueur mélancolique passionné d’opéra. Son existence en sera définitivement chamboulée, comme celles de tous les protagonistes de cette histoire menée tambour battant. De la fête foraine à la prison de Fleury-Mérogis en passant par le casino de Sète ou le couvent des clarisses, La Vie, impair et passe, ce sont les voix de héros inoubliables, qui vont tour à tour mener le récit et se révéler au lecteur, de coïncidences en malentendus dévastateurs, d’amours blessées en rencontres miraculeuses.
Durée : 10h. 16min.
Genre littéraire : Science-fiction
Numéro du livre : 81516
Résumé : Lorsqu’une physicienne découvre l’accès à une dimension parallèle, il faut peu de temps au capitalisme pour s’en emparer. On y construit des bases. On fore. On détruit. L’objectif ? Exploiter ce qui fut pendant longtemps le plus grand mystère de l’être humain. « Je voulais un roman sur la folie, l’avidité, l’amour au milieu du désespoir, la magie dont est capable la science, la curiosité sans limite, la nature du hasard et la relativité générale. Et surtout, je voulais que tout cela devienne une aventure qui m’emporte avec, à l’intérieur, des personnages qui seraient comme des amis. » Thomas Gunzig


Frais de la rentrée : pépites traduites

Deux excellentes traductions mettent en valeur deux titres marquants de cette rentrée allophone 2026. Le premier nous vient du Kazakhstan où Gouzel Iakhina, originaire du Tatarstan russe, a élu sage résidence. Le deuxième de la sereine - en apparence - Suède, où habite la aussi dramaturge Sara Stridsberg.

Lu par : André Cortessis
Durée : 19h. 31min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 82189
Résumé : Ses proches le surnommaient Eisen. Sergueï Eisenstein, dont Gouzel Iakhina retrace la vie hors du commun, est sans conteste le plus grand réalisateur de l’époque soviétique. On lui doit des films inoubliables, devenus des classiques par leur puissance formelle, tels Le Cuirassé Potemkine, Octobre et Ivan le Terrible. Des chefs-d’œuvre qu’il a conçus et réalisés alors que Joseph Staline était au pouvoir... Iakhina nous raconte l’histoire d’Eisen à travers la fabrication de chacun de ses films, sur fond de révolution, puis de guerre ; les tournages mobilisant des milliers de figurants, le voyage au Mexique, les réunions avec les fonctionnaires de la culture et l’effroi devant les répressions staliniennes. Génie visionnaire, cachant son homosexualité dans un pays où elle était interdite, Eisenstein avait des relations tumultueuses avec ses contemporains – mais l’époque elle-même n’était que tumulte. Eisen est un grand roman sur la vie d’un créateur et sur ce qu’il advient de l’art dans un État totalitaire. Eisenstein a obéi au mot d’ordre de la jeune URSS : il a donné aux masses une nouvelle Histoire. Selon Iakhina, le prix payé par le réalisateur pour avoir percé le secret de l’art et connu la gloire est le même que celui du docteur Faust.
Lu par : Francine Crettaz
Durée : 8h. 18min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 81529
Résumé : « Il y a longtemps, un marin m’a dit que si je me retrouvais dans une impasse, je n’avais qu’à revenir au point de départ. C’est ce que faisaient les marins autrefois lorsqu’ils ne trouvaient plus la force de poursuivre leur voyage sans se jeter par-dessus-bord. Tout ce qu’il leur restait à faire, c’était de revenir dans leur port d’origine. » Le cœur brisé, Nina Stjärne est assise sur un banc du parc Berzelii, à Stockholm. En l’absence de sa demi-sœur, elle se remémore la plage éternelle de leurs étés. Un lieu rempli de squelettes d’animaux et de joies sépia, d’angoisses juvéniles et de jeux solitaires, une plage nommée Panic Beach où les deux filles passaient leurs vacances dans l’ombre de leur père. Le parc Berzelii est également le lieu où commence l’histoire de la famille Stjärne, cent ans plus tôt. De génération en génération, une marée sombre faite de trahisons, d’alcool et de violence a tout emporté sur son passage, depuis la capitale suédoise jusqu’à La Nouvelle-Orléans. Les rêves s’éteignent en même temps que les parents meurent, mais un sentiment douloureux se transmet malgré tout. Est-ce de la mélancolie ? Ou bien la peur d’en savoir trop ? Nina et sa petite sœur n’ont pas la même mère, mais elles portent le même secret. L’une n’y survivra pas, l’autre devra essayer de pardonner. Adieu, Panic Beach est une grande saga familiale sur la culpabilité, la vérité et l’espoir. Un roman bouleversant sur l’art de faire ses adieux aux morts, ainsi qu’aux vivants.


Ephéméride : Charles Reznikoff (1894 -1976)

Le 31 décembre 1894 naît, à Brooklyn, le romancier, dramaturge, poète et juriste Charles Reznikoff. Prônant une démarche créative affiliée à "l'objectivisme poétique", il publie en 1975 Holocauste, à partir des archives du Procès de Nuremberg.
Reznikoff meurt en janvier 1976 à Manhattan, à 81 ans.

Durée : 6h. 56min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 20772
Résumé : A la veille de sa mort, Charles Reznikoff dit à sa femme: «Je n'ai jamais gagné d'argent, mais j'ai fait ce que je voulais faire plus que tout.» On imagine volontiers Ezekiel, le héros de Sur les rives de Manhattan , faisant le même constat, longtemps après qu'on l'a laissé, au seuil de sa vie, à la fin de ce roman d'éducation d'un jeune homme pauvre. Les éléments autobiographiques sont nombreux dans ce récit, jusqu'au prénom du héros, qui est aussi celui que Charles Reznikoff aurait porté si le médecin n'avait conseillé aux parents d'en choisir un moins connoté. Ezekiel est aussi le nom du grand-père de l'écrivain, une figure tutélaire: selon la légende familiale, un gros manuscrit inédit, œuvre de toute une vie errante, aurait été brûlé par sa veuve. Elle ne lisait pas l'hébreu et craignait qu'un contenu subversif mette la famille en danger. Peut-être est-ce pour cela que Charles Reznikoff a souvent eu recours au compte d'auteur: laisser une trace imprimée pour la postérité.


Hommages : Didier Decoin (1945 - 2026) et Péter Nádas (1942 - 2026)

Né le 13 mars 1945 à Boulogne-Billancourt, Didier Decoin fut scénariste, romancier et journaliste. Ecrivain prolifique, lauréat du Goncourt en 1977 par John l'enfer, il présida l'Académie dudit prix de 2020 à 2024.
Il est décédé le 5 août dernier, à 81 ans.

Lu par : Pierre Biner
Durée : 5h. 47min.
Genre littéraire : Biographie/témoignage
Numéro du livre : 14854
Résumé : Oui, la vie d'Henri Decoin valait bien un roman. Et elle valait bien un roman de son fils. On n'a pas retenu de Decoin père qu'il avait été dans sa jeunesse, recordman de France de natation et sélectionné pour les Jeux olympiques de 1912. On ne se souvient plus de lui comme ayant fait partie de l'escadrille de Guynemer durant la Première Guerre mondiale. C'est pourtant durant la Grande Guerre qu'Henri Decoin se met à écrire des nouvelles. Démobilisé, il se lance dans une carrière de journaliste sportif puis dans le cinéma et c'est avec sa deuxième femme, Danielle Darrieux - qu'il a épousée en 1935 - qu'il commence à connaître le vrai succès. Le couple ayant signé un contrat avec Universal (elle comme actrice, lui comme superviseur) , ils partent tous deux aux Etats-Unis fin 1937. Parce que cela fait plus américain, Henri fait place à 'Henry'. De retour en France, ses films jusque-là plutôt légers deviennent plus noirs, plus profonds, des films qui pour certains deviendront de vrais chefs-d'oeuvre du patrimoine cinématographique français. De la vie de ce père au destin exceptionnel, Didier Decoin a fait un roman où tout est vrai.
Lu par : Brigitte Cottens
Durée : 9h. 3min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 17159
Résumé : Avant que Docile ne l'achète pour en faire une librairie, la boutique de la rue Tournemonde était une boucherie chevaline au fronton orné d'une tête de cheval en métal creux. Docile essaya d'abord de desceller cette enseigne trop morbide à son goût. N'y parvenant pas, elle se contenta de percer le front du cheval pour y ficher un barreau torsadé pris au dossier d'une chaise dorée. Cette longue tige pouvait faire passer la tête du cheval pour celle d'une licorne, ce qui, pensait-elle, convenait un peu mieux à une librairie consacrée aux livres de voyages.
Durée : 6h. 54min.
Genre littéraire : Roman historique/biographique
Numéro du livre : 19720
Résumé : Allemagne, 1945. L'exécuteur en chef du Royaume Britannique, envoyé en mission, pend la gardienne de camps nazis Irma Grese. Même s'il éprouve un réel dégoût à exécuter des femmes, surtout si elles sont jeunes et jolies, le bourreau fait son devoir : c'est un as dans l'art de la longueur des cordes, un expert dans le minutage de la mise à mort. Pourtant, le reste du temps, c'est un homme comme un autre, époux modèle, bon citoyen. Londres, immédiat après-guerre. Ruth Ellis ressemble à Betty Boop, enjouée et désirable, elle plaît aux hommes, et sans doute les choisit-elle fort mal. Mais derrière son sourire et sa bouche trop maquillée, que cache-t-elle ? Dans le Londres charbonneux de l'après-Blitz, d'entraîneuse, Ruth devient prostituée. Un jour, malheureuse, jalousée, violentée, mais toujours belle, et mère de famille, elle tue son amant, à bout portant. La voici condamnée à la pendaison. Bourreau, fais ton œuvre ! Et si le bourreau avait une âme ? Et s'il répugnait soudain à supprimer une innocente aux boucles blondes ?
Durée : 10h. 14min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 34374
Résumé : Empire du Japon, époque Heian, XIIe siècle. Etre le meilleur pêcheur de carpes, fournisseur des étangs sacrés de la cité impériale, n'empêche pas Katsuro de se noyer. C'est alors à sa jeune veuve, Miyuki, de le remplacer pour porter jusqu'à la capitale les carpes arrachées aux remous de la rivière Kusagawa. Chaussée de sandales de paille, courbée sous la palanche à laquelle sont suspendus ses viviers à poissons, riche seulement de quelques poignées de riz, Miyuki entreprend un périple de plusieurs centaines de kilomètres à travers forêts et montagnes, passant de temple en maison de rendez-vous, affrontant les orages et les séismes, les attaques de brigands et les trahisons de ses compagnons de route, la cruauté des maquerelles et la fureur des kappa, monstres aquatiques qui jaillissent de l'eau pour dévorer les entrailles des voyageurs. Mais la mémoire des heures éblouissantes vécues avec l'homme qu'elle a tant aimé, et dont elle est certaine qu'il chemine à ses côtés, donnera à Miyuki le pouvoir de surmonter les tribulations les plus insolites, et de rendre tout son prestige au vieux maître du Bureau des Jardins et des Etangs.


Né à Budapest en octobre 1942, au sein d'une famille juive, Péter Nádas fut romancier, dramaturge et essayiste. Considéré comme l'un des plus grands romanciers éuropéens de son époque (la nôtre), il a reçu de nombreux prix littéraires dont le Prix du Meilleur Livre étranger en 1999 et le Prix Kafka en 2003. 
Nádas s'est éteint à Gombosszeg, Hongrie, le 26 août dernier, à 83 ans.

Son brillant  - et monumental - Ce qui luit dans les ténèbres attend la lectrice ou le lecteur courageux qui lui donnera voix.

Lu par : Simon Corthay
Durée : 1h. 30min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 75400
Résumé : Un homme raconte ses pensées les plus intimes alors qu’il est victime d’une crise cardiaque dans la rue et qu’il est ramené à la vie au bout de trois minutes et demie. Il s’agit d’un récit captivant sur quelque chose d’effroyable et de tout à fait ordinaire, sur la douleur, la peur et l’acceptation, tout en s’avançant sur la ligne de crête qui sépare la vie de la mort. Avec une immense précision, aucune sensiblerie et un humour plein de finesse, Nadas affronte ici la terrible image que nous a laissée Samuel Beckett : « Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant puis c'est la nuit à nouveau » (En attendant Godot). Mais ce qui lui importe surtout, c’est la dimension absolument personnelle de la mort, c’est l’enfantement par chacun de sa propre mort, au sens où Rilke l’avait perçu, il y a un siècle : « Seigneur, donne à chacun sa propre mort. Enfantée de sa propre vie ».
Lu par : Laurent Auberson
Durée : 2h. 31min.
Genre littéraire : Roman : au sens large et aventures
Numéro du livre : 69816
Résumé : Au début des années 1950, dans les beaux quartiers de Budapest, un jeune garçon exerce sa cruauté naissante sur une servante pieuse et provinciale. Point culminant de ses provocations : une Bible qu’il déchire avec volupté devant elle. La réaction en chaîne qui s’ensuit ébranle toute la famille.


Recueil pour les 50 ans de la BSR

"Rentrée maison" pour la Bibliothèque Sonore Romande à l'occasion de ses 50 ans! 28 autrices et auteurs ont contribué généreusement, qui avec une nouvelle, qui avec un témoignage, qui avec un poème. Le résultat : un riche et alléchant recueil que nous vous proposons en libre accès, pour le plus grand plaisir de tous.

La version livre , adaptée (daisy), à écouter sur nos apps  : 

  • Collectif, Plaisir de lire en écoutant: 28 textes pour 50 ans, n° 81520

La version web, à écouter directement sur notre site en suivant ce lien.

Et n'oubliez pas : la "tournée littéraire des 50 ans" se poursuit le samedi 26 septembre. Rendez-vous (sous inscription) à 14h00 à la Médiathèque de Martigny, avec Raphaël Aubert, Stéphanie Glassey, Adrien Gygax et Amanda Roduit-Oriol. 

Morges sur les quais 2026

Déjà ce weekend! Le premier grand salon littéraire de la rentrée se tiendra dans la charmante ville de Morges, du 4 au 6 septembre. Et, comme chaque année, votre Bibliothèque Sonore y  sera présente, avec animations riches et variées : juke-box littéraire, ateliers dys et, nouveauté, un atelier d'enregistrement pour les jeunes. Et bien entendu, les appréciées lectures à la salle du Cellier, en présence des autrices et auteurs, qui seront, cette année :  

  • Samedi 5, à 10h30 : La peine haute, de Simona Brunel-Ferrarelli,  par Brigitte Cottens
  • Samedi 5, à 12h30  (lecture dans le noir) : Heures sauvages, de Marie Petitcuénot, par Marie-Pierre Assimacopoulos
  • Dimanche 6, à 11h30 : C'était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, par Xavier Clément
  • Dimanche 6, à 13h30 : Chronique d'un royaume perdu, d'Ananda Devi, par Edith et André Cortessis

Retrouvez les détails du programme de la BSR au Livre sur quais en suivant ce lien.

Fruits délectables

A peine tombés des arbres, et déjà prêts pour la dégustation. Ainsi de plusieurs titres remarqués - et remarquables - de cette livresque rentrée, à disposition de vous, chères et chers auditrices et auditeurs, grâce au dévouement sans faille de nos lectrices et lecteurs bénévoles. D'autres livres viendront, des prix donneront peut-être du lustre à certains - le goût, quant à lui, sera, davantage que dans l'écorce brillante, dans la jutosité des textes et des voix.
Belle entrée dans l'automne littéraire!